12/10/2007

Dylan - Dylan (2007)

Dylan_album_coverRobert Allen Zimmerman chante depuis plus de quarante-cinq ans. Dans ce laps de temps, il est devenu l'un des artistes le plus importants de la musique contemporaine (oui, c'est vague), et un des plus repris. Qui pense à Dylan en écoutant All Along the Watchtower, voire (horreur) Knockin' On Heaven's Door? Ces deux morceaux, et quarante-neuf autres, sont repris sur cette énorme compilation, au titre adéquat. Attention toutefois : l'album est disponible en plusieurs versions, dont une risible édition dix-huit morceaux. Tant qu'à faire, autant prendre la totale.

Arrangée chronologiquement, la compilation laisse évidemment la part belle au début de carrière du Dylan : le premier disque couvre la période entre 1962 et 67, le second 67-85 et le dernier 85-2006, le but étant de reprendre le plus possible de morceaux importants. De toute façon, le but d'un tel album, et dans une moindre mesure de cet article, n'est pas de résumer Dylan, mais plutôt de faire une sorte d'introduction générale.

Le début est évidemment folk : Dylan, une guitare acoustique et un harmonica. L'album The Freewheelin' Bob Dylan est très bien representé, avec trois morceaux dont l'immense Masters Of War, sans doute la protest song la plus violente jamais écrite. Il faut l'entendre se clôturer avec ces mots terribles "And I'll stand on your grave / Till I'm sure that you're dead" pour tenter de comprendre ce qui animait son auteur, qui, sur A Hard Rain's A-Gonna Fall décrit de manière pittoresque un paysage post-apocalyptique.

Puis, le ton devient plus électrique, et on se souvient de ce très célèbre épisode où, lors d'un concert à Manchester en 1966, un fan cria "Judas" à Dylan, coupable d'avoir échangé son acoustique contre une Strat. Il joua ensuite une version monstrueuse de Like A Rolling Stone, et le rock n roll trouvait une raison d'être supplémentaire. Dylan, constamment à la recherche d'innovation, rajouta sans cesse de nouveaux thèmes et instruments, tout en restant généralement un poète de grand niveau, quand on ne le surprend pas coupable de sexisme primaire.

Ensuite, alors qu'on peut trouver moins d'importance à son oeuvre, et même s'il passe logiquement par quelques moments moins fertiles, Dylan réussit à sortir quelques albums de qualité, continuant seul son chemin vers la légende. Est-ce que cette dernière est en en fait supérieure à l'oeuvre? Peut-être, mais l'Histoire a décidé, et Dylan restera bien plus qu'un musicien.

Masters Of War

 

09:15 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2007 |  Facebook |

14/07/2007

Metallica - Live In Werchter 01/07/07

Depuis quelques années, Metallica a l'excellente idée de sortir des enregistrements de leurs concerts via un site officiel. Ce n'est pas gratuit, mais quand même une bonne affaire, surtout si l'on tient compte de la qualité de l'encodage (mp3 et flac). Cet été, ils ont mis l'enregistrement de leur nouvel album (attendu en février 08) en pause le temps d'une dizaine de dates en Europe, dont Werchter, le dimanche.

Clairement, ce mini-tour est mis sur pied pour faire plaisir au groupe, qui en profite pour sortir quelques raretés issues du début de leur carrière : les cinq premiers morceaux sortent des trois premiers albums, et lancent le concert à une vitesse effrenée, surtout grâce aux excellents Disposable Heroes et Ride The Lightning. On remarque au passage que l'enregistrement n'est quand même pas top, ce qui est peut-être du à la rapidité de la disponibilité. Après ces cinq morceaux, c'est carrément un morceau qui n'avait plus été joué en 18 ans qui se voit ressucité : l'immense And Justice For All, extrait de l'album du même nom, le plus étrange et le plus ambitieux de leurs opus (et aussi le dernier très bon...). Ils décident étrangement de le faire suivre par The Memory Remains, extrait du très peu mémorable Reload (et seul extrait des trois derniers albums) Le public, évidemment, suit, mais bon...

La suite du set principal continue dans cette tendance de revisite du passé, notamment via l'impressionnant Orion, qui démontre les talents de Robert Trujillo à la basse. Fade To Black souffre un peu d'une certaine approximation guitaristique de la part de James Hetfield, alors que c'est sa voix qui le lâche durant le terrible Whiplash. C'est ça aussi, les concerts. Malheureusement, ça se gâte par la suite. Je l'ai déjà dit, je vais bien devoir le répéter, je déteste le Black Album. Enfin, non, j'aime quand même bien quelques morceaux, et il est aussi infiniment supérieur à la suite, mais le Metallica que j'aime, c'est celui des quatre premiers albums. Opinion peu originale, je sais, mais bon, c'est aussi la mienne.

Donc, le rappel, enchaînant trois scies du Black (Sad But True, Enter Sandman, et la-ballade-dont-on-peut-pas-citer-le-nom), et le prédecesseur One ne m'enchante pas outre mesure, mais vu la qualité de ce qui précède, on ne s'en formalisera pas. Le final, la bombe punk des Misfits Last Caress et l'habituel Seek And Destroy enfoncent le clou d'une performance peu surprenante mais forcément très bonne.

Mais j'ai tout de même un problème avec Metallica. Ce n'est pas spécialement le fait que Kirk Hammett et Lars Ulrich sont relativement limités, on le sait depuis toujours, et ça ne les a pas empêchés de faire la carrière que l'on sait. Non, c'est plutôt le fait que concert après concert, tournée après tournée, les morceaux sonnent toujours de la même façon. Les solos sont identiques aux versions albums, et c'est juste la voix d'Hetfield qui permet de faire la différence. On peut trouver cela dommageable, mais une fois de plus, dans ce cas de figure, le fait d'être fan de Pearl Jam influence forcément mon jugement. Reste que dans leur majorité, les morceaux joués à Werchter sont immenses, et Metallica l'était aussi. Oops, j'ai dit "était"? Comme je suis, quand même...
 
 
Whiplash (Live In Werchter 07)
 

09:45 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2007 |  Facebook |

16/06/2007

The Police - The Police (2007)

ThepoliceCela fait déjà un petit bout de temps que je pense parler d'un album de Police, suite à leur reformation et tournée mondiale. Le fait est que je n'ai pas pu choisir l'album, et je me suis donc tourné vers la solution de facilité, avec ce best of exhaustif : deux disques, vingt-huit morceaux, entamé avec leur premier single, Fall Out, anecdotique et influencé par le punk de son année de sortie, 1977.

L'album est présenté plus ou moins chronologiquement, est c'est assez surprenant de trouver, jste après Fall Out, Can't Stand Losing You, basé sur une des influences majeures du groupe : le reggae. Reggae + songwriting pop = formule étonnante, mais qui a très bien fonctionné. Autre formule, celle de l'alchimie du groupe : la batterie précise de Steward Copeland, qui fait bien plus que suivre la basse de Sting, et la guitare discrète d'Andy Summers. On rajoute la voix de Sting, reconnaissable même si un tantinet fatigante et irritante (surtout dans ses imitations jamaïcaines), et on obtient un des groupes à succès des années 80. Groupe qui a réussi, comme peu d'autres, a changer de style sans trop de problèmes, parfois au sein d'un même album, comme évoqué ici par le frénétique Next To You. On connaît tellement les hits (Message In A Bottle, Walking On The Moon, Every Breath You Take, et j'en passe) qu'il est presque inutile d'en parler, mais le reste mérite aussi plus qu'une oreille, comme l'engagé Driven To Tears, l'étouffant Don't Stand So Close To Me (et ses allusions à la pédophilie) ou les deux parties de Synchronicity.

En règle générale, les morceaux deviennent de plus en plus complexes (et moins reggae) au fur et à mesure que le groupe progresse, notamment grâce à l'utilisation d'un synthétiseur : on peut s'en rendre compte sur Invisible Sun. Malheureusement, on n'évite pas les choix douteux, comme Demolition Man. Le tout reste un peu surévalué par rapport à leur légende. Bon, certes, mais ni extraordinaire ni tellement novateur. Piller et s'inspirer n'est pas précisément la même chose.

De plus, on peut trouver l'album un peu long : les précédentes compilations étaient clairement mal fagotées, mais avait-on vraiment besoin de huit extraits de Synchronicity? On se retrouve face à un best of qui souffre du défaut de ses qualités : à force de vouloir faire dans la quantitité, elle déforce la qualité. L'art difficile de la compilation...

Les années passent, et The Police n'a pas trop bien vieilli. Les fade out, les répétitions ad nauseam des refrains en fin de morceau, le son radio 80s, mais aussi les mauvais souvenirs de la carrière solo de Sting (et Puff Daddy), tout cela n'aide pas. Reste qu'ils auront écrit quelques chansons mémorables, et influencé la culture populaire : quand Arctic Monkeys parlent d'une prostituée de Sheffield, ils la surnomment Roxanne, même s'ils n'était pas nés à l'époque.
 
 
Synchronicity I 
 

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 2007 |  Facebook |