04/08/2007

Pearl Jam - No Code (1996)

PearlJam-NoCodeNote : l'article est la version légèrement remaniée de celui publié en novembre 06, qui est maintenant supprimé. Ceci pour expliquer l'effet de déjà vu ;)


Nécessairement, il faut se remettre dans le contexte. Pearl Jam, alors plus gros groupe du monde, vendait des albums par avions cargo (le second, Vs., a détenu le record de meilleure vente pour un second album), mais ne voulait pas que ça dure. En découla Vitalogy, pas vraiment anti-commercial mais bizarre et ambitieux. Les ventes commencèrent à décliner, et tout était mis en oeuvre pour que le groupe entame sa seconde vie, parfaitement exemplifiée par cet album, leur quatrième.

Il est peu probable que le groupe aie délibérément voulu exclure une partie de son public par No Code, même si c'est effectivement ce qui s'est passé : cet album est celui de la césure entre ceux qui sont restés (et qui suivent toujours le groupe aujourd'hui, dans des salles de 20 000 places partout dans le monde) et ceux qui ont laissé tomber, préférant les hymnes adolescents (Alive, Jeremy, et ce n'est pas une insulte) à l'évolution artistique et personnelle.

Dès le départ, on comprend que l'expérience No Code sera radicale. Á mille lieues du style plus agressif des précédents premiers morceaux (Once, Go et Last Exit), Sometimes ouvre l'album très calmement, comme une première occasion offerte à Eddie Vedder de montrer la vraie étendue de sa gamme vocale. Quelques minutes plus tard, on sursaute (vraiment), à cause des accords punk de Hail Hail, un des rares morceaux ici stylistiquement proches de Vitalogy. C'est aussi une des rares excursions en terrain connu : Who You Are (étonnant choix de single) et In My Tree (littéralement porté par la batterie tout en finesse de Jack Irons) n'ont vraiment plus rien à voir avec le grunge, qui est alors définitivement enterré. Pearl Jam se réclame d'un héritage musicale très varié, même si No Code est un album fortement américain (dans le sens americana, comme le prouve Smile, qui aurait pu être un morceau de Tom Petty, avec harmonica. La face A se termine en douceur, avec Off He Goes, ballade apaisante et chargée émotionnellement.

Le retour au (hard) rock se fait avec Habit et un peu plus loin Lukin, mais la face B est dominée par des morceaux innovants pour le Pearl Jam de 1996 : Red Mosquito, construit autour d'un jam blues et de paroles introverties mais pleines de sense ("If I had known then, what I know now"), l'exceptionnel Present Tense et son crescendo maîtrisé, pour ensuite conclure l'album avec un morceau expérimental (I'm Open) centré sur un spoken word de Vedder et une berceuse (si si), Around The Bend.

On pourra toujours débattre quant au "meilleur" album, mais No Code est sans aucun doute le plus varié à ce jour, et celui qui montre le mieux les qualités de compositeur du groupe. Jack Irons apporte sa touche personnelle, et son grand talent. À partir de là, tout devenait possible pour Pearl Jam, qui a ainsi atteint, après quatre albums, sa maturité artistique. Yield et tout ce qui suivra porte la trace de No Code, l'album le plus important jamais enregistré par Pearl Jam.


In My Tree
 

10:00 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1996 |  Facebook |

08/06/2007

Weezer - Pinkerton (1996)

WeezerPinkertonLe fameux syndrome du second album a connu une illustration très intéressante lors de la sortie de Pinkerton, deux ans après un album sans titre, généralement connu en tant qu'album bleu. Pinkerton s'est vendu cinq fois moins que son prédécesseur, et c'est assez facile de voir pourquoi. Le bleu est un album agréable, sautillant, fait de popsongs parfaites et mémorables. Il est très bon, mais Pinkerton n'aurait pas pu être plus différent.

Très sombre, il tire toute son inspiration du la dépression vécue par le chanteur/songwriter Rivers Cuomo, tous les textes sont d'ailleurs écrits à la première personne. Ce qui en fait un album étonnant, qui rend l'auditeur mal à l'aise car témoin du mal-être profond du narrateur. De plus, l'album suit vaguement les thèmes de Madame Butterfly, sans doute pas la meilleure manière de vendre un disque. Musicalement, cela ne s'arrange pas : on passe de guitares lo-fi très abrasives (Tired Of Sex, Getchoo) à des morceaux extrêmement complexes (Falling For You, El Scorcho), mais définitivement rien de facile à l'oreille. Malgré tout cela, Pinkerton est un excellent album, le meilleur de Weezer et un disque important dans la chronologie rock contemporaine.

Les thèmes passent de la frustration sexuelle (thème récurrent), aux addictions, en tournant autour de la misérable vie d'un protagoniste malheureux qui pensait avoir trouvé l'amour, mais, pas de bol : elle est lesbienne (Pink Triangle). Across The Sea dépasse même le cadre de l'autobio, racontant en détail une lettre envoyée par une fan japonaise à Cuomo. Cuomo qui démontre un génie total, via des parts de guitare techniquement époustouflantes (Falling For You reprend des accords basés sur l'entière gamme chromatique) et un groupe qui n'est pas en reste, notamment la batterie de Patrick Wilson. Il se termine avec un morceau acoustique, et ces mots "I'm sorry". Il faut évidemment écouter tout l'album pour retrouver le contexte.

Heureusement pour Cuomo, ses problèmes personnels s'arrangeront petit à petit, mais, forcément, Weezer n'arrivera plus jamais à sortir un album de ce niveau, touchant même le fond avec l'inepte Make Believe. Leurs deux premiers opus auront marqué les nineties, et Pinkerton aura aidé, bien malgré lui, à lancer ce qui est peut-être le sous-genre du rock dominant aux USA aujourd'hui : l'emo. Pardonnez, ils n'en savaient rien.
 
 
Getchoo
 

10:15 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1996 |  Facebook |

30/05/2007

Noir Désir - 666.667 Club (1996)

Noir_Desir_-_666.667_ClubJe ne parle pas souvent de rock français. Pour deux raisons, d'abord, ma relative méconaissance du sujet, et ensuite, l'histoirique nullité du genre. Pour des raisons politiques (dans les années 60), et ensuite pathétiquement nationalistes, la France a refusé d'accueillir les influences anglo-saxonnes, et a donc du vivre en autarcie musicale pendant des dizaines d'années. En résulta le pire genre musical de l'histoire de l'humanité, ce que même les anglophones appellent "chanson". Et des "artistes" plus pitoyables les uns que les autres, qui ne mériteront même pas le prix de leur cercueil quand enfin, le temps décidera d'en finir.

Heureusement, un tel contexte se devait d'appeler une contre culture. La France est ainsi devenu le second pays au monde où le hip-hop est le plus important, même si, comme pour les États-Unis, la majorité de la production de genre ne vaut pas tripette. Quelques groupes rock ont tenté, envers et contre tout (et tous) d'inverser les tendances, notamment la Mano Negra de Manu Chao. Et puis, Noir Désir. Sans aucun doute le meilleur, et le plus grand groupe rock français.

666.667 Club est leur quatrième album, et fait suite au brûlot Tostaky. L'album est splendide, et allie les influences anglo-saxonnes à la tradition poétique française, et surtout, à la situation socio-économique d'un pays qui était encore une grande nation, il n'y a pas si longtemps. Mais les textes engagés de Bertrand Cantat se sont révélés tristement visionnaires : "L'homme pressé" paraphrase presque mot pour mot la célèbre citation du patron de TF1 concernant le "temps de cerveau disponible" que TF1 vend aux annonceurs commerciaux. Mais Patrick Le Lay l'a prononcé des années après la sortie de cet album. Encore plus effrayant, "Un jour en France" prévoit l'avènement d'un leader élu par les fascisants (il y a juste eu erreur sur la personne), et une "danse avec Johnny". Onze ans avant...

Le rock brut et puissant laisse parfois un peu de répit au calme lourd, toujours habité par la personnalité de Bertrand Cantat qui, s'il n'était pas français, serait définitivement un des chanteurs cultes du rock mondial. Sa présence scénique, chamanique, n'a connu que peu d'égal depuis Jim Morrison. Les riffs cinglants d'"À ton étoile" et la mélancolie tzigane d'"Ernestine" vont très bien ensemble, appellant tour à tour les fantômes de Jacques Brel et de Joe Strummer, quand ce n'est pas l'évocation de Ian Mackaye, période Fugazi. Les deux morceaux chantés en anglais sont peut-être les moins réussis, pas musicalement, mais simplement à cause d'un accent encore mal maîtrisé.

Noir Désir fera suivre l'album par une avantgardiste collection de remixes, une anthologie et l'album de 2001, plus apaisé (Des Visages, Des Figures). On ne peut qu'espérer le retour du groupe, dans quelques années. Cantat aura certainement énormément de choses à dire, et une génération de rockers français à inspirer.
 
 
Un jour en France
 

10:00 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1996 |  Facebook |

02/04/2007

R.E.M. - New Adventures In Hi-Fi (1996)

REMNewAdventuresInHiFi

R.E.M. a récemment été admis au Rock 'n Roll Hall of Fame, ce qui signifie, entre autres, que leur premier disque est sorti il y a au moins 25 ans. En 25 ans de carrière, c'est mathématique, on évolue, on sort des albums meilleurs que d'autres, et on se remet en question. C'est exactement ce que R.E.M. a fait, et ce qui a permis de produire cet album totalement exceptionnel.

Contexte : en 1996, R.E.M. est un groupe immense. Ils ont déjà sorti neuf albums, et produit leurs tubes Everybody Hurts et Losing My Religion. Les albums Green, Out Of Time et Automatic For The People sont considérés comme trois classiques (et successifs, rien que ça). Mais le petit dernier, Monster, trop ancré dans le courant grunge de l'époque, déçoit. De plus, la tournée est longue et difficile, et le batteur Bill Berry a subi une double rupture d'anévrisme qui aurait pu lui être fatale. Il fallait faire quelque chose.

Ce quelque chose est New Adventures In Hi-Fi, au concept étonnant : la majorité des morceaux ont été enregistrés live, lors de soundchecks ou carrément dans les loges de la tournée Monster. En résulte un album excessivement peu commercial, mais très organique et tout simplement énorme. Tout d'abord, l'album ne fait aucun compromis. Il est long (65 minutes), très varié et ne comprend pas de single évident. Le succès commercial ne fut pas non plus au rendez-vous, et on peut facilement comparer l'album à
No Code de Pearl Jam, sorti la même année et qui occupe grosso modo la même place dans leur discographie.

How The West Was Won And Where It Got Us, qui entame le disque, donne le ton avec son clavier lancinant, mais Wake Up Bomb, juste après, est un morceau rock puissant et rapide, sans être over the top comme la majorité de Monster. Departure ou So Fast So Numb prouvent que Hi-Fi est aussi un album de pur rock, et R.E.M. n'hésite pas à monter en volume quand il le faut. Mais l'ambiance générale reste introspective, onirique et très personnelle, comme démontré sur Be Mine, où la répétition devient presque enivrante, ou le merveilleux instrumental Zither.

Enfin, New Adventures In Hi-Fi comprend carrément trois des meilleurs morceaux du groupe. E-Bow The Letter est d'une beauté à couper le souffle, Patti Smith fournissant un contrepoids parfait aux incantations de Michael Stipe. Ensuite, Leave peut bien durer sept bonnes minutes, mais on ne s'ennuie pas une seconde, en suivant soigneusement les routes sinueuses de trois guitares voyageant d'une atmosphère à l'autre. Enfin, la morceau terminant l'album, Electrolite, est une valse mémorable au thème aigre-doux, comme souvent chez R.E.M. Stipe clôture tout net :"I'm outta here". Et nous, on relance l'album, ou bien on retourne dans la discographie foisonnante du groupe, parfois moyen (malheureusement, les albums depuis Hi-Fi ne sont pas à niveau), souvent très bon, mais jamais à ce point. New Adventures In Hi-Fi est un des meilleurs album de rock 'n roll, c'est tout.

14:01 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1996 |  Facebook |

06/12/2006

Manic Street Preachers - Everything Must Go (1996)

msp

Les Manic Street Preachers auront vraiment eu une carrière bizarre, pleine de rebondissements et de coups durs qui auraient anéanti la plupart des groupes actuels. Tout a commencé avec un album énorme (18 morceaux, 75 minutes et la promesse - non tenue - de splitter s'il ne se vendait pas à 20 millions d'exemplaires, ce qui ne fut évidemment pas le cas). Deux albums plus tard sortait l'extraordinaire The Holy Bible, un des albums les plus puissants de l'histoire, et aussi un des plus bruts. Il restera connu à jamais comme le chef d'oeuvre du groupe, mais contre toute attente, le succès commercial viendra juste après, avec Everything Must Go.

Avant toute chose, il faut souligner l'atmosphère particulière qui précéda la sortie du disque : en effet, le designer/lyriciste du groupe, Richey James Edwards (responsable en grande partie de l'ambiance mobide/intense de The Holy Bible) disparut le 1er février 1995, à la veille d'une tournée promotionnelle. Il n'a toujours pas été retrouvé à ce jour. Après quelques mois de réflexion, le groupe décidé de poursuivre en tant que trio, en conservant quelques morceaux co-écrits par Edwards, pour leur nouvel album.

Et c'est sur des bruits de marée (évoquant un possible suicide d'Edwards, profondément dépressif) que l'album commence, et on sent dès le début que le groupe a voulu marquer la différence : les ambiances sombres sont ici remplacées par des morceaux amples, des instrumentations variées et un son puissant, aux antipodes du huis-clos de THB. Tout cela est évidemment parfaitement démontré dans le moceaux suivant, peut-être le plus grand single de rock anglais des années 90 : A Design For Life. Hymne puissant basé sur leurs origines prolétaires, le morceau propulsa le groupe au faîte du rock indie anglais, et fit de l'album un classique.

Les autres morceaux n'abaissent pas le niveau, au contraire : Kevin Carter, construit autour des vers non linéaires d'Edwards prend des tours et détours inattendus (comme un solo de trompette), Everything Must Go et Australia montre un groupe confiant malgré tout, et qui veut maintenant se faire entendre du plus grand nombre.

Ceci dit, Everything Must Go, même si beaucoup plus aisé à écouter que son prédécesseur, comporte quelques passages moins faciles, comme la magnifique ballade Small Black Flowers That Grow In The Sky aux paroles très noires, ou le magnifique dernier morceau, No Surface All Feeling, qui exemplifie au maximum le style de l'album, tout en puissance et en guitares multipliées. Qui d'ailleurs sont parfois trop mises en avant, la production trop "produite" étant sans doute le défaut de l'album.

Everything Must Go n'arrive pas au niveau de The Holy Bible, mais de toute façon, ce n'était pas le but. L'album montre un nouveau départ, une renaissance pour le groupe, même si l'avenir peu glorieux (les trois albums suivants se révéleront assez pâles, malgré quelques bons passages) ne le confirma pas. Á l'époque, les Manic Street Preachers venaient de sortir un des meilleurs albums de 1996, semblaient enfin tenir leurs promesses de domination globale, mais resteront à jamais connus dans l'histoire du rock pour avoir crée deux excellents albums, pour des raisons totalement différentes.


PS : l'album vient de ressortir en version spéciale, l'album original remasterisé et accompagné de morceaux live, de demos, de toutes les faces B et d'un DVD.

15:16 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1996 |  Facebook |

07/11/2006

Pearl Jam - No Code (1996)

PearlJam-NoCode

Nécessairement, il faut se remettre dans le contexte. Pearl Jam, alors plus gros groupe du monde, vendait des albums par avions cargo (le second, Vs., a détenu le record de meilleure vente pour un second album), mais ne voulait pas que ça dure. En découla Vitalogy, pas vraiment anti-commercial mais bizarre et ambitieux. Les ventes commencèrent à décliner, et tout était mis en oeuvre pour que le groupe entame sa seconde vie, parfaitement exemplifiée par cet album, leur quatrième (Pearl Jam, le huitième, est sorti cette année).

Il est peu probable que le groupe aie délibérément voulu exclure une partie de son public par No code, même si c'est effectivement ce qui s'est passé : cet album est celui de la césure entre ceux qui sont restés (et qui suivent toujours le groupe aujourd'hui, dans des salles de 20 000 places partout dans le monde) et ceux qui ont laissé tomber, préférant les hymnes adolescents (Alive, Jeremy, et ce n'est pas une insulte) à l'évolution artistique et personnelle.

Dès le départ, on comprend que l'expérience No Code sera radicale. Á mille lieues du style plus agressif des précédents premiers morceaux (Once, Go et Last Exit), Sometimes ouvre l'album très calmement, comme une première occasion offerte à Eddie Vedder de montrer la vraie étendue de sa gamme vocale. Quelques minutes plus tard, on sursaute (vraiment), à cause des accords punk de Hail Hail, un des rares morceaux ici stylistiquement proches de Vitalogy. C'est aussi une des rares excursions en terrain connu : Who You Are (étonnant choix de single) et In My Tree (littéralement porté par la batterie tout en finesse de Jack Irons) n'ont vraiment plus rien à voir avec le grunge, qui est alors définitivement enterré. Pearl Jam se réclame d'un héritage musicale très varié, même si No Code est un album fortement américain (dans le sens americana, comme le prouve Smile, qui aurait pu être un morceau de Tom Petty, avec harmonica. La face A se termine en douceur, avec Off He Goes, ballade apaisante et chargée émotionnellement.

Le retour au (hard) rock se fait avec Habit et un peu plus loin Lukin, mais la face B est dominée par des morceaux innovants pour le Pearl Jam de 1996 : Red Mosquito, construit autour d'un jam blues et de paroles introverties mais pleines de sense ("If I had known then, what I know now"), l'exceptionnel Present Tense et son crescendo maîtrisé, pour ensuite conclure l'album avec un morceau expérimental (I'm Open) centré sur un spoken word de Vedder et une berceuse (si si), Around The Bend.

Évidemment, No Code a été, et est toujours, détesté par pas mal de fans de la première heure, qui n'ont d'ailleurs plus vraiment apprécié Pearl Jam depuis, vu que tout ce que le groupe a sorti depuis est influencé par cet album. No Code n'est sans doute pas leur meilleur album (mais je ne me risquerai pas à en sortir un du lot), mais c'est certainement leur plus important : sans lui, le groupe n'aurait jamais pu se sortir de la crise existentielle qu'ils vécurent à l'époque (et qui prendra encore quelques années pour se résoudre entièrement). No Code
a fait grandir Pearl Jam, et les fans qui l'apprécient à sa juste valeur également.

01:50 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1996 |  Facebook |

11/10/2006

Placebo - Placebo (1996)

placebo

C'est peut-être difficile à croire, mais il fut un temps au Placebo ne sortait pas des morceaux ennuyeux, des albums inutiles et des concerts moyens. Il fut un temps où Placebo ne vendait pas des albums par camions, où il n'était pas un des plus gros groupes d'Europe. Il fut un temps où Placebo était excellent.

Tout commença par cet album, qui, pour un premier album, est vraiment très bon. Son seul gros défaut était une production et un mixage assez mous, ce qui a été en grande partie résolu sur la toute nouvelle édition remasterisée.

Avant les duos avec Michael Stipe et les infâmes collaborations avec la sangsue d'Indochine, Brian Molko était un jeune homme méchamment enragé, qui questionnait le monde sur sa place sans celui-ci, son but, et évidemment son ambiguïté sexuelle (qui fait sourire quand on voit le Brian de 2006, père de famille modèle). De plus, sa voix n'avait pas encore acquis son caractère énervant, et au contraire participait à la rage des morceaux, brûlots punk tendance industrielle emmenés par des riffs assassins (Nancy Boy, sans doute toujours leur meilleur morceau, Bruise Pristine, Bionic), une basse bondissante et des petits emprunts par-ci par-là, comme le solo très Joey Santiago de 36 Degrees. Les morceaux plus calmes ne diminuent pas la qualité de l'album, comme l'excellent Lady of the Flowers.

J'ai moi-même été surpris de la qualité de cet album, fatigué de Placebo que je suis depuis quelques années. Je conseille donc la version remasterisée (avec quelques morceaux bonus assez anecdotiques et un DVD) ainsi le second album, celui de la consécration, Without You I'm Nothing. Ensuite, ça devient moins drôle.

Mais Placebo est un fantastique premier album, qui a très bien passé le test des dix ans. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde...

17:36 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1996 |  Facebook |