04/06/2007

The Smiths - The Queen Is Dead (1986)

The-Queen-is-Dead-coverUn des albums cultes outre-Manche, The Queen Is Dead est sans doute le meillleur album des Smiths, fameuse entité bicéphale dont la place dans l'histoire de la Britpop est inversément proportionnelle au succès commercial obtenu. D'un côté, Johnny Marr, adepte de la guitare minimaliste et scintillante, et de l'autre (Steven Patrick) Morrissey, l'Oscar Wilde des temps contemporains, poète et crooner.

L'album peut surprendre par sa variété musicale. Le morceau-titre est emmené par une basse virevoltante (du sous-estimé Andy Rourke), les arpèges de Marr et évidemment la voix de Morrisset, inimitable et reconnaissable entre mille, tout comme ses paroles, tour à tour sarcastiques, humoristiques, nonsensiques et pleurnicheuses. "Life is very long when you're lonely", entonne-t-il pendant que son meilleur ennemi abuse de la wah-wah. La suite directe, Frankly Mr Shankly mèle reggae et new wave, et "I'd rather be famous than righteous or holy". Le troisième morceau exprime clairement l'amour, parfois déraisonnable, de Morrissey pour la pop des années 50. Varié, donc, intéressant, certes, mais malheureusement assez dépassé. Ce qui confère un certain charme à un album avec lequel le temps n'a pas été trop clément, surtout au niveau des techniques d'enregistrement (une remasterisation serait la bienvenue, mais bon, on n'a même pas encore remasterisé les effroyables sorties cd des Beatles).

Morrissey n'a jamais fait les choses à moitié, que ce soit sur disque ou en dehors (ses interviews, ou non-interviews, sont légendaires) : sa prestation sur Never Had No One Ever est soit magnifique d'auto-parodie, soit insupportable de pleunicherie. Cemetry Gates attaque frontalement ceux qui lui reprochent de plagier, alors que Bigmouth Strikes Again s'occupe des journalistes, avec qui il connaîtra une relation tumultueuse. C'est There Is A Light That Never Goes Out qui définit le mieux The Smiths, mélancolie, tristesse et mélodie mémorable.

Virtuellement tous les groupes anglais des deux décades suivantes ont été, plus ou moins fortement, influencés par le groupe, et plus particulièrement par le style vocal et le style d'écriture de Morrissey. On ne citera que Roddy Woomble (Idlewild) ou Alex Turner (Arctic Monkeys). Ceci dit, on se réfèrera plutôt aux Smiths comme influence majeure, sans vraiment trop réécouter les albums, qui, comme évoqué plus haut, ont assez mal vieilli. The Queen is Dead reste cependant un archétype de grande valeur.
 
 
There Is A Light That Never Goes Out
 

10:00 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1986 |  Facebook |

09/11/2006

Metallica - Master of Puppets (1986)

metallica

En trois ans de rédaction pour Music Box (entre autres), j'ai remarqué que si je venais à dire du mal de Metallica, je me prends à chaque fois plein dans la gueule dans les commentaires. Ce qui malheureusement confirme un cliché, mais je tenais à affirer ici que je ne déteste pas Metallica, au contraire. Ce n'est pas parce les membres du groupe sont des abrutis de première (Some Kind of Monster, le film et l'affaire Napster suffisent), qu'ils ont sorti trois (voire quatre, mais là je m'expose à l'anthrax dans ma boîte aux lettres) albums très pénibles et que les deux nouvelles chansons jouées en 2006 sont ridicules que le groupe n'a jamis rien valu, bien au contraire.

Master of Puppets, qui fête ses 20 ans cette année (c'est le premier album que je chronique dont je n'ai pas vécu la sortie - j'avais 6 ans) est le meilleur album du groupe, il est difficile de le nier (même pas la peine de mettre les mots "black" et "album" dans un commentaire). Le groupe lui a d'ailleurs rendu hommage lors de leur petite tournée 2006, en le jouant dans son intégralité.

L'album commence par la fameuse intro flamenco de Battery, qui est tellement connue aujourd'hui que son effet de surprise est passé, mais reste que le morceau qui le suit - Battery - est un archétype d'offensive trash metal, emmené par ce qui est sans doute le principal point fort de Metallica, la guitare rythmique extraordinaire du chasseur d'ours blanc James Hetfield. Le tout aussi classique morceau titre le confirme, avec son intro légendaire qui ne permet heureusement pas encore de montrer les lacunes du batteur Lars Ulrich. On peut dire, sans doute à raison, que ce genre musical est aujourd'hui suranné, et les morceaux de 8 minutes sans trop de variation seraient maintenant risibles, mais il reste que la puissance de ces morceaux est indéniable.

Un peu plus loin, Welcome Home (Sanitarium) suit la formule de Fade To Black (sur Ride The Lightning, personnellement mon préféré), à savoir une intro mid-tempo suivi d'une suite plus dynamique. Quelques années plus tard, Metallica sortira un album entier sur ce principe, même si le tempo lent sera prévalent. Disposable Heroes accèlere les choses, et reste, avec le dernier morceau ici, Damage Inc., un de leurs morceaux les plus rapides. On doit aussi retenir le splendide instrumental Orion, dominé par la basse du très regretté Cliff Burton.

Master of Puppets ne possède plus la même puissance aujourd'hui (même si une bonne remasteristation arrangerait les choses), mais il reste un album majeur pour la carrière de Metallica et pour le metal en général, vu que tout ce qui va suivre sera lourdement influencé par cet album. Un classique, par définition.

00:27 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1986 |  Facebook |