29/04/2007

Bruce Springsteen - Nebraska (1982)

BruceSpringsteenNebraskaOn peut avoir différentes réactions en écoutant de la musique. Joie, bonheur, tristesse, émotion, voire gêne, quand on entend My Humps des Black Eyed Peas. Mais les sensations qu'on peut ressentir en écoutant Nebraska, si possible dans le calme, avec des écouteurs, sont absolument inouïes. On a peur de respirer, on éteint les lampes, et on espère que rien ni personne ne viendra troubler ce moment unique. Car Nebraska est définitivement un album unique.

Je ne suis pas un fan de Springsteen, pour différentes raisons, mais je respecte totalement son oeuvre. Nebraska, au contraire, est définitivement un album culte, tellement culte que j'ai presque peur de l'écouter. De loin un des albums les plus sombres jamais enregistrés, c'est la voix de ceux qui n'en ont pas, la voix des opprimés, des hors-la-lois, des désoeuvrés. Et c'est la voix rauque, pure, sans artifices de Bruce Springsteen, qui est, pour l'occasion, le Boss de rien du tout.

Nebraska, le sixième album de Springsteen, devait comprendre une instrumentation complète du E Street Band, mais, contre toute attente et malgré un probable (et effectif) échec commercial, la version finale de l'album fut en fait composée des démos solos, qu'il a enregistré seul, sur un quatre-pistes, dans sa chambre de Colts Neck, New Jersey. En résulta un album à la faible qualité sonore, et à l'extraordinaire pureté d'intention, surtout à une époque où le produit fini passe par énormément de traitements techniques, qui laissent tous leur trace.

Le morceau-titre donne le ton, racontant l'histoire d'un serial killer américain de son point de vue. Comme évoqué plus tôt, Springsteen prête sa voix à ceux qui n'en ont plus, comme Johnny Cash l'a fait avant lui. L'émotion contenue dans ce morceau durera pendant quarante minutes, durée d'un album dense et triste, puissant et mélancolique. Durant Mansion On The Hill, la vie s'arrête, il est impossible d'entendre ce morceau et de prétendre de faire autre chose. Les histoires vraies cèdent la place aux narrations fictionelles de Springsteen, mais toujours sur le même thème, avec une véracité et un souci du détail très cinématographiques.

Alors, évidemment, Nebraska n'est pas varié. C'est juste un type, une guitare, et un harmonica, qui chante la même chose pendant quarante minutes. Mais mes mots n'ont aucune importance, face aux siens. Peut-être que Nebraska vous ennuiera profondément. Peut-être que vous n'avez pas d'âme, y avez-vous déjà pensé?
 
 
Nebraska
  

00:55 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1982 |  Facebook |

15/03/2007

Iron Maiden - The Number Of The Beast (1982)

Iron_Maiden_-_The_Number_Of_The_Beast

Quand il faut discuter du plus grand groupe metal, la réponse générale semble évidente. Metallica est connu de tous, au moins de nom, et sans doute grâce à un des deux lents boulets du Black Album. Mais quand il faut parler du plus grand, du plus fort, du meilleur groupe du putain de heavy metal du monde, deux mots résonnent, avec autant de force que l'instrument de torture qui a leur donné un nom, et avec aussi peu de pitié que l'ex-Première ministre anglaise qui l'a également porté. IRON fucking MAIDEN.

Iron Maiden c'est d'abord Bruce Dickinson, phénoménal chanteur, frontman charismatique, homme charitable (en tant que pilote d'avion de ligne, il participe assez souvent à des missions humanitaires) et ennemi de Sharon Osbourne. Et quiconque est ennemi de Sharon Osbourne mérite qu'on lui paie un verre, ou du moins qu'on écoute un de ses albums.

Et cet album, c'est son premier avec le groupe, premier d'une longue série, et classique intemporel du heavy metal. Iron Maiden a débuté quelques années plus tôt, avec deux albums, chantés par Paul Di'Anno, aux accents plus punk (fin des 70s oblige), mais c'est avec The Number of The Beast que leur empreinte allait marquer l'histoire. Il est tellement influencé la suite du genre, qu'il est difficile de vraiment en parler, disons donc simplement que pas de NotB = pas de metal en 2007.

De plus, il est important de dire que tout au long de leur carrière (qui approche les trente ans), Maiden a beaucoup évolué, parfois dans des terrains marécageux et pas toujours très recommendables. Les synthés, les morceaux épiques de 15 minutes, et - pire - la période période Blaze Bayley gagneraient à être oubliés. Même si The Number of The Beast est loin d'être leur seul bon album, et que leurs dernière sorties sont toujours recommedables, il faut avouer qu'il s'agit de leur sommet de pur heavy metal.

Il suffit, pour en être convaincu, de plonger au beau milieu du disque, avec le doublé The Number of The Beast / Run To The Hills, deux des morceaux metal les plus impressionnants, deux classiques parfaits du genre. Un sommet de guitare rythmique, de riffage insensé et de batterie heavy, et surtout une prestation magistrale de Dickinson, le meilleur vocaliste metal de l'histoire. De plus, les autres morceaux restent d'un très bon niveau, si l'on exclut les paroles parfois assez cliché (mais c'est une des caractéristiques du groupe, à prendre ou à laisser). Hallowed Be Thy Name clôture, avec des parties de synthés jouées par des vraies guitares, ce qui ne restera hélas pas le cas longtemps.

Á classer parmi les classiques du genre, et à faire écouter à tout le monde qui pourrait avoir un intérêt mineur pour le metal : cet album a crée des dizaines de groupes, a changé la vie de milliers de personnes, et continuera à le faire.

00:52 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1982 |  Facebook |