03/03/2008

The Clash – London Calling (1979) [#12]

TheClashLondonCallingalbumcoverRéduire The Clash au mouvement punk de 76-77 serait une grave erreur. Sans aucune critique quant à leur influence respective, un morceau de Clash comporte plus d'idées que la carrière entière (courte, mais quand même) des Sex Pistols. London Calling, leur troisième album, est aussi leur plus célèbre, et le pivot de leur évolution.

Il débute par l'iconique morceau titre, un des tous grands classiques du punk et du rock en général. Mais c'est un des rares morceaux directs d'un album qui tire dans tous les sens, souvent avec une grande réussite. On connaît son rythme implacable, la voix de Joe Strummer, qui chante comme si sa vie en dépendait (une constante) et ses paroles. Personne ne défendra la working class comme lui, comme eux. Un groupe en qui on pouvait croire, notion totalement disparue de nos jours.

Musicalement, Clash s'éloigne d'un certain nihilisme prôné par d'autres formations de l'époque. Leurs racines sont clairement dans le rock 'n roll classique (Brand New Cadillac) mais ajoutent, de manière innovatrice, beaucoup de cuivres, pavant le chemin pour un style musical toujours présent aujourd'hui (avec plus ou moins de réussite) : le ska. Rudy Can't Fail, The Right Profile en sont d'excellents exemples. De même, on peut perçevoir des éléments reggae (Guns Of Brixton), qui iront plus tard jusqu'à constituer la majeure partie d'un (triple) album, Sandinista!.

Clash ne recule devant rien, quitte à surprendre, voire aliéner. L'album est fort long (dix-neuf morceaux) et fort varié, comme peuvent encore en témoigner le mélodique et réflexif Lost In The Supermarket ou The Card Cheat, où se cotoyent piano et trompette. Punk, peut-être, mais si peu réducteur. Le puissant Train In Vain conclut un album phare, monumental.

London Calling peut avoir des défauts, ils n'ont pas d'importance. Parce que son statut les transcende. Il est trop important, trop crucial dans l'histoire et la compréhension non seulement du rock, mais de la société elle-même, pour s'arrêter à ces aspects. Tout ça sans même évoquer la pochette.


Clampdown

22:05 Écrit par Denis dans 1970s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1979 |  Facebook |

05/10/2007

Joy Division - Unknown Pleasures (1979)

UnknownpleasuresAlors qu'on approche le trentième anniversaire du premier album de Joy Division, différents événements nous évoquent le groupe. La sortie du film Control, réalisé par Anton Corbijn, mais aussi la mort de Tony Wilson, le légendaire propriétaire de Factory Records et celui qui a découvert et popularisé Joy Division. Ces raisons sont amplement suffisantes pour se plonger dans un groupe exceptionnel, qui influence toujours des tonnes de groupes, notamment Interpol ou Editors.

Joy Division, c'est surtout Ian Curtis, génie disparu trop tôt, comme souvent. Il s'est pendu à 24 ans, d'une manière tristement prévisible. La musique, et les textes de Curtis n'étaient pas très marrants, et ont fini par être prophétiques. Unknown Pleasures, premier des deux albums du groupe, est sombre, glacial, romantique et mélancolique.

Ce n'est même pas la peine d'isoler un morceau, tant c'est l'ensemble qui est important, qui est impressionnant. La batterie métronymique et truffée de reverb, la basse lead de Peter Hook et les coups secs et brusques de la guitare de Bernard Sumner ont été fabuleusement mis en valeur par le producteur Martin Hannett, qui a créé une atmosphère tellement désagréable qu'elle en devient attirante. La voix de Curtis plane au dessus de tout cela, comme un Jim Morrison conscient de sa propre mortalité. Il suffit d'écouter la fin de Day Of The Lords, avec Curtis qui répète "Where will it end?" sans fin. Curtis, qui à une vingtaine d'années, était déjà capable d'écrire une terrible réflexion sur la vieillesse, le temps qui passe : Insight.

L'intensité ne diminue jamais, que dire de New Dawn Fades, de She's Lost Control (avec un intro électro en avance sur son temps), du caverneux Shadowplay. Le final enfonce le clou, si l'on peut dire : I Remember Nothing, 6 minutes puissantes, pleines de vie, de mort, de tout ce qu'il y a entre les deux. On dit souvent que certains albums peuvent changer une vie, ce qui est généralement ridicule, ou alors, ça prouve que la vie en question ne valait pas grand chose. Unknown Pleasures a changé des vies, et va encore continuer à le faire.


Interzone

01:32 Écrit par Denis dans 1970s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1979 |  Facebook |