25/12/2007

Rolling Stones - Rolled Gold +

stonesRolled Gold + n'est pas une compile de Noël en plus. C'est LA compile. Originellement sorti en 75 mais jamais édité en cd, il se voit augmenté de 12 morceaux (d'où le +) pour voir sa durée dépasser les 150 minutes. Il fait suite au précédent best of du groupe, Forty Licks, mais est nettement supérieur à celui-ci, pour deux raisons majeures. D'abord, le son est plus authentique, au dessus de la bouillie de Forty Licks. Ensuite, et surtout, même si on ne parle que de dix ans de Stones, tout était dit. Alors que, pour Forty Licks, il fallait accomoder les différentes époques du groupe et même caser quatre inédits, ici on ne doit juste que reprendre les meilleurs morceaux datant de 63 à 72, soit, en fait, de leur carrière. Bon, on pourrait peut-être, en tirant la corde, regretter It's Only Rock 'n Roll ou Start Me Up, mais Jump Back (la compile qui reprend 71-93) suffit amplement. Et le moins on parle d'Angie, le mieux c'est.

Comme leurs illustres pairs de l'époque, les Stones ont débuté avec des reprises de standards rock 'n roll : Chuck Berry, Buddy Holly, et même un original de Lennon/McCartney. Peu de temps après, le premier original signé Jagger/Richard (Keith n'avait pas encore ajouté le "s") voit le jour. C'est à partir de 64 que la grande majorité des morceaux des Stones seront originaux. Même si Jagger a bien appris ses leçon : le double sens de Little Red Rooster sera repris tout au long de sa carrière, jusqu'au récent A Bigger Bang.

Les choses sérieuses ne commencent qu'avec le dixième morceau, The Last Time. Puis, la déferlante de morceaux exceptionnels. (I Can't Get No) Satisfaction, forcément, mais aussi Get Off Of My Cloud, Paint It Black (sérieusement une des meilleures chansons de tous les temps, rien à dire), Mother's Little Helper et ses traits acide de critique sociale chère à Jagger. Under My Thumb, s'il fallait le prouver, montre les talents de Charlie Watts, batteur d'une grande finesse avant que l'excellent Have You Seen You Mother Baby, Standing In The Shadows clôture le premier disque. On l'a déjà dit, le riff de Satisfaction pourrait déplacer des montagnes, et les différentes significations du texte ne font que renforcer son status d'icône. Mais je le répète, Paint It Black est vraiment un morceau exceptionnel, la voix de Jagger est légendaire, menaçante, terrifiante. Le premier crash de batterie de Watts vaut bien tout le heavy metal du monde.

Pas grand chose à dire, évidemment. Des débuts hésitants et forcément peu originaux, mais le rock 'n roll était si jeune. La paire d'auteurs/compositeurs Jagger/Richards ne fera que monter en puissance, ce que le second disque montre parfaitement. Ruby Tuesday, She's A Rainbow, Jumpin' Jack Flash, Sympathy For The Devil, et un final ébourriffant : Gimme Shelter, You Can't Always Get What You Want, Brown Sugar, Honky Tonk Woman et Wild Horses. Les mots ne suffisent pas, il faut se taire et écouter. Mais Gimme Shelter... Difficile, après tout ça, ne ne pas considérer le Stones, ces Stones, comme le plus grand groupe de rock du monde. Ils l'étaient.

Alors, forcément, ça a méchamment dégénéré. La paire Jagger/Richards vire au pathétique, entre concerts privés pour détenteurs de carte de fidelité de supermarché suisse et chute de cocotier, en passant par des albums dont personne n'a quoi que ce soit à foutre. Les Beatles n'ont eu que dix ans de carrière, Nirvana huit, les Stones quarante-cinq, et ce n'est pas fini. Alors, forcément, on perd de sa puissance, de son intensité, de son utilité. Ils auraient définitivement du raccrocher il y a bien longtemps, mais ce n'est pas notre décision. Notre décision, c'est de se souvenir des Stones par, et pour, Rolled Gold, qui compile leurs plus grands moments. On pourra toujours s'attaquer aux albums après Pirates des Caraïbes.
 
 
Paint It Black
 
 
Gimme Shelter

22:12 Écrit par Denis dans 1960s | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/12/2007

Muse - Origin Of Symmetry (2001) [#69]

MuseoriginofsymemtryalbumcoverMuse, de manière assez surprenante, est devenu un groupe majeur en Europe, et a même réussi à s'exporter avec succès. Cela peut s'expliquer par le caractère assez... mou du dernier album, mais en 2001, ils ont sorti un très bon opus, un des meilleurs des années 00, du rock british, etc etc, le tout en sortant de l'ombre de Radiohead, dans lequel s'était enfermé le premier album, Showbiz.

Origin Of Symmetry ne fait pas de concessions, contrairement au Muse que l'on connaît actuellement (Starlight???). Deux des trois premiers morceaux durent plus de six minutes, et comprennent, dans le désordre, des voix élastiques, des claviers tordus, un jeu de guitare très intrigant ainsi qu'une section rythmique très puissante. New Born commence calmement, avec un piano, avant de littéralement exploser avec une guitare filtrée bruyantissime. La basse de Chris Wolstenholme, arme secrète de Muse, enfonce le clou très fort. Le morceau est complexe, mais moins que Space Dementia qui sonne exactement comme son titre le fait croire. Avec les effets spéciaux des vieilles séries de SF. Et, évidemment, un break de piano music-hall. Forcément...

La première moitié de l'album est une usine à hits (enfin, hits, dans un monde utopique). Hyper Music est porté par un riff machiavélique plus lourd que Sabbath, alors qu'on pardonnera facilement l'emprunt de la ligne de basse de Sexy Boy (Air) : Plug-In Baby est parfait, le riff vaut bien le top 10 des meilleures intros de tous les temps. En plus, même si le morceau parle d'une guitare, les Freudiens ont quelque chose à se mettre sous la dent. Citizen Erased? On recommence, riff de folie, ligne de basse qui tue, batterie puissante, et ce n'était que l'intro : quand le morceau démarre, la terre tremble. Mais comme ça dure 7 minutes 19, elle a le temps de se refaire une santé, avant de définitivement s'écrouler sur elle-même. Jouissif, et un des rares albums où les claviers sont supportables. Les voix aigües, c'est limite, mais bon, on passe. Quoique Micro Cuts, c'est un petit peu over the top quand même.

Il faut attendre le neuvième morceau pour avoir un peu de calme, avec le flamenquesque Screenager. Le bizarre continue, avec Darkshines qui pourrait sortir d'un western façon Robert Rodriguez, avant que l'inattendue reprise de Feeling Good, euh, surprenne. Megalomania finit l'album dans le calme, mais un calme menaçant.

Peu, très peu de déchets dans Origin Of Symmetry qui sera très certainement toujours la quintessence de Muse, tout en étant vraiment un très bon album. Alors, que Muse devienne n'importe quoi, fasse des shows à la U2 période Pop, cela n'a pas trop d'importance, quand on sait que quoi qu'il arrive, on aura toujours Origin Of Symmetry pour se souvenir. Leur BloodSugarSexMagik, en quelque sorte.
 

Plug-In Baby
 

23:44 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 2001 |  Facebook |