12/08/2007

Pearl Jam - Binaural (2000)

PearlJam-BinauralSi No Code était l'album "bizarre", Yield celui de la sérénité, alors, qu'est-ce que Binaural? Certainement l'album le plus controversé, y compris parmi les fans : le meilleur ou le moins bon, mais jamais d'indifférence : Binaural a déchaîné les passions, et ce à plusieurs reprises. Les avis négatifs proviennent sans doute d'adorateurs de Ten, parce qu'à quelques petites exceptions près, il est difficile de trouver quelque chose à reprocher à Binaural, un très solide album qui comprend quelques unes de plus belles chansons écrites par le groupe.

La période d'enregistrement de Binaural est très particulière : d'abord, Matt Cameron, ex-Soundgarden et batteur sur les premières démos de Pearl Jam, a rejoint le groupe, et compose lui aussi. Ensuite, ces sessions ont été très fertiles, ce qui a compliqué la sélection des morceaux, créant le principal défaut de l'album, on y reviendra. Binaural est aussi leur album le plus politique à ce jour, les deux suivants le seront d'ailleurs encore plus. Les deux premiers morceaux tapent très fort : Breakerfall et Gods' Dice rappellent plutôt la salve d'entrée de Vitalogy, même si les intervenants ont grandi depuis.

Evacuation, composé par Cameron, est dispensable, contrairement au splendide Light Years, ballade à ceux, disparus trop tôt, qui ont entouré le groupe depuis sa conception. Nothing As It Seems, quant à lui, est transcendant. Composé par Jeff Ament et emmené par sa contrebasse, il permet à Vedder d'employer son baryton à merveille, interrompu quand il le faut par un Mike McCready étincelant. Un des meilleurs extraits du catalogue du groupe, sans aucun doute. Plus loin, Insignificance conte une terrifiante histoire de guerre, en mettant en évidence le fait que des instruments de mort sont construits dans la ville d'origine du groupe, Seattle, et comme Grievance, il allie critique socio-politique tranchante aux riffs acérés et à la rythmique fracassante. Ce qui n'est pas le cas des très calmes Of The Girl et Parting Ways, qui semblent parfois hors de propos ici. Le minimalisme de ces morceaux trouve son apogée sur Soon Forget, soit 1"47 d'Eddie Vedder + ukulélé, qui rappelle consciemment Blue Red and Grey, des Who. Sleight Of Hand, juste après, est peut-être le morceau le moins reconnu du catalogue, mais c'est un des plus beaux, tout en finesse, conscience et confiance en les capacités d'un groupe qui n'a jamais été aussi bon. Vedder conclut l'album avec une nouvelle narration féminine, Parting Ways, aidé en cela de cordes discrètes.

Alors, que trouver à redire? Lost Dogs, l'album de raretés sorti quelques années plus tard nous apportera la réponse : trois morceaux absolument excellents ont été exclus de Binaural (Sad, Education et Fatal) alors que les moyens Education et Rival se sont retrouvés sur la version finale. Sans cela, avec un tracklist parfait, l'album aurait presque indéniablement été le sommet de leur carrière. Cependant, il l'est peut-etre quand même. Il marque une nouvelle évolution, mais ce sont deux tragédies aux retentissements très différents qui forgeront l'album suivant, le très explicite Riot Act.
 

Nothing As It Seems

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 2000 |  Facebook |

Commentaires

sad !! tres belle description de l'abum ... il est en effet incomprehensible que des morceaux comme sad et fatal est été retiré de l'album ...
existe t-il une explication ou un commentaire du groupe ??

Écrit par : eric | 19/07/2008

ah c'est toi qui est venu poser la même question sur le pjforum, je suis le même Denis :P Et je n'ai pas d'autre réponse...

Écrit par : Denis | 03/08/2008

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