10/07/2007

Foo Fighters - The Colour And the Shape (1997)

FooFighters-TheColourAndTheShapeIl est toujours intéressant de se souvenir des débuts d'un groupe qui est ensuite devenu énorme. C'est le cas des Foo Fighters, à l'origine projet solo post-Nirvana de Dave Grohl, qui s'est transformé en l'espace de dix ans et cinq albums en un des plus gros groupes US contemporains. The Colour And The Shape, qui fête ses dix ans en ressortant en version superbement remasterisée est le second Foo, le premier enregistré en tant que vrai groupe, et sans aucun doute leur meilleur.

Même si le premier album, Foo Fighters, ne comprenait que le seul Dave Grohl derrière chaque instrument, le but était de créer un nouveau groupe, et pas un projet solo déguisé. Pour cela, il a attiré l'ex-Nirvana Pat Smear, le bassiste Nate Mendel (seul Foo autre que Grohl a toujours être présent aujourd'hui) et le batteur William Goldsmith, qui ne sera présent que sur trois titres de l'album (Grohl s'étant chargé du reste, après avoir viré Goldsmith pour incompétence). TCATS débute tranquillement avec Doll avant d'exploser avec le fantastique Monkey Wrench, un des meilleurs morceaux alt-rock des années 90, et le type même de morceau capable de faire pogoter un service de soins palliatifs. Dès ce moment, on se rend compte que Grohl a gagné ses galons de songwriter, et comme chanteur, il ne se débrouille pas mal non plus. L'album suivra ce rythme souvent effréné, mais appliquant la bonne vieille recette Pixies : couplets calmes (parfois très calmes, la voix de Grohl pouvant être étonnamment douce) et refrains bruyants (parfois très bruyants, la voix de Grohl .. enfin voilà), comme parfaitement illustré par My Poor Brain, Hey! Johnny Park ou le superbe Wind Up.

Des deux autres côtés du spectre, on trouve les ballades February Stars et Walking After You et le très hard Enough Space, mais aussi et surtout l'autre gros hit de l'album, le morceau de perfection pop totale, Everlong. Des centaines de compositeurs seraient morts pour ça, et Grohl l'a sorti dès son second album, après des années passées dans l'ombre d'un des plus grands compositeurs des nineties.

Cette version anniversaire ajoute quelques faces B de l'époque, dont des reprises assez anecdotiques de Gary Numan et Killing Joke, mais surtout la chanson-titre, sans doute le morceau le plus hardcore jamais enregistré par les Foo Fighters.

Avec The Colour And The Shape, Dave Grohl s'extirpe définitivement de l'ombre de Kurt Cobain, avec un album certes classique mais très bien écrit et exécuté. Malheureusement, un certain penchant pour la grandeur et la relative facilité ont poussé les Foo a choisir la carte commerciale plutôt qu'artistique, ce qui n'empêche qu'ils restent un bon groupe, dont on attend avec curiosité le nouvel album en septembre. Sans jamais s'attendre qu'il fasse mieux que leur chef d'oeuvre.


Monkey Wrench
 

09:50 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1997 |  Facebook |

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