30/05/2007

Noir Désir - 666.667 Club (1996)

Noir_Desir_-_666.667_ClubJe ne parle pas souvent de rock français. Pour deux raisons, d'abord, ma relative méconaissance du sujet, et ensuite, l'histoirique nullité du genre. Pour des raisons politiques (dans les années 60), et ensuite pathétiquement nationalistes, la France a refusé d'accueillir les influences anglo-saxonnes, et a donc du vivre en autarcie musicale pendant des dizaines d'années. En résulta le pire genre musical de l'histoire de l'humanité, ce que même les anglophones appellent "chanson". Et des "artistes" plus pitoyables les uns que les autres, qui ne mériteront même pas le prix de leur cercueil quand enfin, le temps décidera d'en finir.

Heureusement, un tel contexte se devait d'appeler une contre culture. La France est ainsi devenu le second pays au monde où le hip-hop est le plus important, même si, comme pour les États-Unis, la majorité de la production de genre ne vaut pas tripette. Quelques groupes rock ont tenté, envers et contre tout (et tous) d'inverser les tendances, notamment la Mano Negra de Manu Chao. Et puis, Noir Désir. Sans aucun doute le meilleur, et le plus grand groupe rock français.

666.667 Club est leur quatrième album, et fait suite au brûlot Tostaky. L'album est splendide, et allie les influences anglo-saxonnes à la tradition poétique française, et surtout, à la situation socio-économique d'un pays qui était encore une grande nation, il n'y a pas si longtemps. Mais les textes engagés de Bertrand Cantat se sont révélés tristement visionnaires : "L'homme pressé" paraphrase presque mot pour mot la célèbre citation du patron de TF1 concernant le "temps de cerveau disponible" que TF1 vend aux annonceurs commerciaux. Mais Patrick Le Lay l'a prononcé des années après la sortie de cet album. Encore plus effrayant, "Un jour en France" prévoit l'avènement d'un leader élu par les fascisants (il y a juste eu erreur sur la personne), et une "danse avec Johnny". Onze ans avant...

Le rock brut et puissant laisse parfois un peu de répit au calme lourd, toujours habité par la personnalité de Bertrand Cantat qui, s'il n'était pas français, serait définitivement un des chanteurs cultes du rock mondial. Sa présence scénique, chamanique, n'a connu que peu d'égal depuis Jim Morrison. Les riffs cinglants d'"À ton étoile" et la mélancolie tzigane d'"Ernestine" vont très bien ensemble, appellant tour à tour les fantômes de Jacques Brel et de Joe Strummer, quand ce n'est pas l'évocation de Ian Mackaye, période Fugazi. Les deux morceaux chantés en anglais sont peut-être les moins réussis, pas musicalement, mais simplement à cause d'un accent encore mal maîtrisé.

Noir Désir fera suivre l'album par une avantgardiste collection de remixes, une anthologie et l'album de 2001, plus apaisé (Des Visages, Des Figures). On ne peut qu'espérer le retour du groupe, dans quelques années. Cantat aura certainement énormément de choses à dire, et une génération de rockers français à inspirer.
 
 
Un jour en France
 

10:00 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1996 |  Facebook |

26/05/2007

Smashing Pumpkins - Siamese Dream (1993)

SmashingPumpkins-SiameseDream2007 semble être l'année des reformations des légendes des années '00. Après Rage Against The Machine, c'est maintenant les Smashing Pumpkins qui reprennent du service, sept ans après leur dernier concert. Music Box Off en reparlera bientot, mais nous allons ici nous intéresser à leur second album, Siamese Dream, celui qui lanca véritablement leur carrière et réputation.

En 1993, on était évidemment en plein grunge. Nevermind, Dirt, Ten et Badmotorfinger étaient sortis, et la fin de l'année allait aussi voir les seconds albums de Nirvana et Pearl Jam. Mais tout cela se passe à Seattle, et loin de là, à Chicago, Billy Corgan allait rejoindre tout ce beau monde en couverture de Rolling Stone, en boucle sur MTV, mais aussi dans les sombres démons de l'héroïne.

Gish, le premier Pumpkins, était de facto en album solo de Corgan, vu qu'il avait tout joué, tout écrit. Ici, Jimmy Chamberlin (batterie), D'arcy Gretzky (basse) et James Iha (guitare) pensaient sans doute former un groupe, mais il n'ont en fait été que des canaux permettant à Corgan de s'exprimer. D'énormes tensions ont troublé l'enregistrement de Siamese Dream, dues aux addictions de plus en plus handicapantes de Corgan et au fait qu'il prenait la liberté de virer les parts enregistrées par les autres musiciens pour les remplacer par les siennes, dans un "souci de cohérence". Le grand succès, tant commercial que critique, rencontré par Siamese Dream et son successeur ont poussé le groupe à rester plus ou moins soudé, jusqu'à un certain point : Corgan est à l'heure actuelle le seul membre présent depuis le début.

Cherub Rock débute l'album, est et un premier morceau parfait : une intro sombre, progressive, jusqu'à un riff stoner aux couches multiples, ce qui sera une de grandes caractéristiques du son Pumpkins : un travail d'orfèvre en studio, qui voit des couches et de couches de guitares se superposer jusqu'à créer un immense mur du son qui n'a pas vraiment été égalé depuis. C'est sans doute aussi la raison pour laquelle le groupe n'aura jamais acquis une grande réputation sur scène. Mais en studio, la production (de Butch Vig, qui a aussi produit Nevermind) est brute, très bruyante, et sans concessions. Les morceaux sont d'ailleurs assez longs, intense, faits de passages aux atmosphères diverses. Ils se perdent parfois en marche, mais le groupe n'aura jamais été connu pour sa modestie, comme le prouvera le double album suivant, Mellon Collie And The Infinite Sadness. Silverfuck est la pièce maîtresse ici, un riff monumental (joué par une quarantaine de guitares), une batterie implacable, des couplets protometal, un bridge pour respirer, et un final apocalyptique.

Autre caractéristique, la voix de Billy Corgan. Ou plutôt un filet fluet, qui, quand il est poussé haut, est très perçant, jusqu'à paraître (et parfois être) difficilement tolérable. Mais c'est sa voix, et au moins, il n'essaie d'imiter personne. Un peu à la manière de Cobain, Corgan semble utiliser la faiblesse inhérente de sa voix pour véhiculer ses émotions, qui, comme on peut le remarquer en étudiant ses paroles cryptiques, sont souvent à fleur de peau. Mais Corgan a avant tout le sens du riff, quitte à en utiliser un pour monter un morceau de sept minutes, le bien nommé Hummer. Il y a du Tony Iommi là-dedans, mais entrecoupé de Cure. Mélange potentiellement incroyable, et très souvent réussi ici.

Maintenant, Corgan tombe parfois dans un certain excès d'auto-dépréciation, on le qualifierait sans doute d'emo, de nos jours. Disarm en est un bon exemple. Corgan ne cherche pas à plaire, mais y arrive souvent. Siamese Dream, l'album le plus "rock des Pumpkins, est évidemment un monument de la culture alternative US, et est peut-être leur meilleur. Il faut juste le prendre comme il est, si possible sans penser à la suite des événements, et sans penser non plus au nouvel album. Mais si on pouvait, juste pour quelques jours, retourner en 1993...
 

Cherub Rock
  

17:54 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1993 |  Facebook |

22/05/2007

Mclusky - Mclusky Do Dallas (2002)

McluskyDoDallasMclusky était le groupe parfait. Trois très bons albums, une séparation due aux conflits internes, et enfin une anthologie époustouflante. Le tout entrecoupé de concerts terribles, terribles. Mclusky Do Dallas est leur second, et est produit - pardon, enregistré -, par Steve Albini.

L'album est pur. Aucun artifice, juste trois types qui usent et abusent de leurs instruments, en même temps, et en live. Ils chantent ou hurlent, parfois à bout de souffle, selon le tempo employé, qui est souvent très rapide. Les morceaux ne laissent que peu de répit, durant deux minutes de moyenne, deux minutes de puissance et de violence seulement contrôlées par les techniques d'enregistrement connues d'Albini (Mclusky étant carrément un de ses groupes favoris, on peut d'ailleurs les comparer stylistiquement à Shellac). Simple, efficace, mais rarement réalisé à un tel niveau d'excellence bruyante.

Musicalement, ils n'ont beau être que trois, mais remplissent facilement l'espace : la basse écrase tout (et live, c'est ahurissant), quant à la guitare, les aigus percent les oreilles jusqu'à trouer lentement, mais sûrement, la boîte crânienne. De plus, les paroles n'ont pas vraiment d'équivalent, sorte d'observation sarcastique de la société actuelle, et ses travers ("He blew it all up to get on television"). Quand ce ne sont pas des références culturelles assez geek ("if it wasn't for them Decepticons, they'd rule the fucking world") ou l'auto-dépréciation ironique ("fuck this band, 'cause they swear too much"). L'album est bref, mais sans faille, et confirme que le succès commercial est définitivement impossible pour des groupes si radicaux.

Un album incontournable des années 00, d'autant plus qu'il est peu probable que les groupes issus des cendres de Mclusky (les très moyens Shooting At Unarmed Men et les prometteurs Future Of The Left) arrive à ce niveau, même si on leur souhaite. Reste que ceux qui, dans le futur, découvriront Mclusky par hasard vont tomber sur le cul. Et crier à l'injustice, une fois de plus...


Lightsabre Cocksucking Blues
 

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 2002 |  Facebook |

18/05/2007

Guided By Voices - Human Amusements At Hourly Rates (2003)

guided_by_voices_best_of_largeCe n'est pas une habitude de chroniquer une compilation sur RMB. Mais quand on étudie le cas de Guided By Voices, groupe totalement culte de l'indie US, on y trouve seize albums (en dix-sept ans!), autant d'EP, six coffrets remplis à raz bord d'inédits, sans parler des albums solo. Devant une telle masse de matériel, et vu que cette compilation est assez bien réalisée, le choix semble s'imposer.

GBV, donc, c'est Robert Pollard, aussi prolifique (mais moins ravagé) que Mark E. Smith, et parrain de la lo-fi US. Bee Thousand (1994) est, avec Slanted And Enchanted de Pavement, généralement cité comme l'album-clé du genre, et même si GBV a depuis évolué (Pollard restant le seul dénominateur commun), leur influence est immense. Et pour de la lo-fi, elle est effectivement très lo. Les clichés du genre "enregistré dans une baignoire sur un enregistreur à cassettes pourri" ont été créés pour GBV, ou du moins pour leur première période.

Fatalement, la "qualité" des enregistrements ne nuit en rien aux morceaux : pour preuve, simple et efficace, il suffit d'écouter le premier morceau de la compile, A Salty Salute. Une minute et vingt-neuf secondes, qui ont directement donné naissance au premier album des Strokes. Car telle est une autre grande caractéristique de Guided By Voices : la brièveté des morceaux, 32 en moins de 80 minutes. Comme les Ramones, par besoin de dire beaucoup quand on le dit bien.

La première partie de la carrière de Guided By Voices est donc caractérisée par un son lo-fi, mais aussi par une recherche mélodique imparable, et parfois quelques guitares punkisantes. Les paroles cryptiques font penser à une autre groupe qui a commencé par être culte dans les milieux indé : REM (même si Pollard était compréhensible). Puis, vers la fin des années 90, Pollard change de direction, et engage des producteurs reconnus, comme Ric Ocasek. Sans être pour autant des feux d'artifices d'effets sonores, les albums deviennent mieux produits, et encore plus irrésistibles. Des morceaux comme Everywhere With Helicopter, Teenage FBI ou I Am A Tree (pensez Weezer qui reprend On A Plain de Nirvana) resteront à jamais des classiques.

Malheureusement, malgré un support sans failles de la part des fans et des collègues, Guided By Voices n'a jamais vraiment pu trouver le succès mérité (qu'ils n'ont d'ailleurs jamais spécialement cherché). Pollard a retiré la prise, lors d'un concert totalement inouï, le 31 décembre 2004 à Chicago. Ce jour-là, le groupe, nourri par un bar présent sur scène, joua 63 morceaux en plus de quatre heures, avant de disparaître à jamais. Robert Pollard débuta officiellement sa carrière solo en 2006, mais il sera toujours connu en tant que leader d'un groupe aussi prolifique que sous-estimé.

Human Amusements At Hourly Rates se termine par I Am A Scientist, où Pollard déclare "I shoot myself with rock n' roll". Que dire de plus?


Everywhere With Helicopter
 

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2003 |  Facebook |

14/05/2007

Nouveau blog

Petite pub rapide vers mon nouveau blog, Music Box Off, qui traitera, grosso modo, de tout ce dont j'ai envie de parler mais qui ne rentre pas dans le cadre des deux sites existants. Ce qui est très large, comme on le remarquera dans les semaines qui viennent, en tout cas c'est le but.

00:58 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2007

Wu-Tang Clan - Enter The 36 Chambers (1993)

Wu-TangClanEntertheWu-TangalbumcoverIl est difficile de trouver un genre musical plus moribond que le hip-hop. Depuis que les rois Midas Pharrell et Timbaland vendent leurs hits à qui sait les acheter, les artistes hip-hop sont progressivement oubliés. KRS-One, Eric B & Rakim, Run-DMC, Tupac Shakur, Snoop Dogg quand il était encore Doggy, Dr. Dre, et j'en oublie volontairement : ces DJs, MCs et producteurs qui n'ont peut-être pas inventé le genre, mais qui l'ont perfectionné. Mais ce que le Wu-Tang Clan a fait, personne ne l'avait fait avant, et il est plus que probable que personne ne le fera dans le futur.

Entre 1993 et 1997, le groupe et ses différents membres ont sorti sept albums d'une importance capitale : cette exceptionnelle période d'agitation est considérée comme la période d'or du hip-hop US, et le Wu-Tang a joué plus que sa part. Des sept albums, seuls deux sont crédités au Wu-Tang complet, mais les albums solo ont été conçus comme des albums de groupe : le nom sur la pochette n'est qu'un manoeuvre commerciale. Le Wu-Tang Clan a bien sorti sept albums de classe mondiale en cinq ans. Mais c'est évidemment cet album, le premier, qui créa la détonation nécessaire à la consolidation d'un genre, et la création d'un autre : le hardcore rap.

Écouter Enter The 36 Chambers en 2007 est incroyablement rafraîchissant : les samples n'étaient pas encore des pillages purs et simples de l'héritage soul américain, mais venaient de vieux vinyls craquelés, et de films de kung-fu (une influence majeure du clan, qui en tira son nom). De même, leurs paroles n'étaient ni racistes, ni misogynes. Vous imaginez, vous, du rap non misogyne? Avant, ça existait.

Ceci dit, l'album est très agressif, dans sa description de la vie urbaine new-yorkaise, tant dans les paroles que dans l'élocution. Et c'est sans doute le principal point fort du groupe : sa grande diversité vocale. Chaque MC possède sa caractéristique inimitable : le flow parfait et chantant d'Inspektah Deck, la voix rocailleuse de Method Man, l'élégance du duo Raekwon/Ghostface Kilah ou encore la folie pure du regretté Ol' Dirty Bastard. Le Wu-Tang est une bête à neuf têtes, dont celle du maître en arts martiaux, RZA : redoutable au micro, inbattable derrières les platines.

Alors que la première moitié de l'album enfonce le clou du rap hardcore (Bring Da Ruckus, Clan In The Front) , la seconde est celle des hits. Wu-Tang Clan Ain't Nuthin' Ta Fuck With, Protect Ya Neck, l'immense Da Mystery Of Chessboxin', le sample infernal de C.R.E.A.M. ou encore le morceau le plus poppy ici, Method Man, destinée à lancer la carrière solo du MC éponyme. L'album se conclut avec la quesi industriel 7th Chapter Part II, synthèse parfaite de l'essence du groupe.

Le monstre était lancé, et rien ne l'arrêtera pour une demi-décade, qui connaîtra un temps d'arrêt avec le second album complet, Wu-Tang Forever. Trop long, les morceaux de bravoure, certes présents, n'égaleront plus le niveau de leur début. L'entreprise Wu-Tang se lancera dans le ciné, les vêtements, sortira encore des tonnes d'albums mais tombera progressivement hélas dans le rap facile, commercial et méconnaissable par rapport à leurs débuts, même si on retrouve quand même quelques morceaux/albums recommandables. Un nouvel album est attendu cette année, mais quel que soit le résultat, personne 'e changera l'Histoire, et la marque ineffaçable imprimée par le Clan.
 

C.R.E.A.M.
 

15:09 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1993 |  Facebook |

10/05/2007

Beastie Boys - Hello Nasty (1998)

BeastieBoysHelloNastyLes Beastie Boys, dans deux ans, fêteront leurs trente ans de carrière. Non, moi non plus, je n'y croyais pas. Mais il faut dire qu'ils ont changé de style et de genre tellement souvent qu'on pourrait en déduire qu'ils ont eu plusieurs vies, et qu'ils continuent d'ailleurs à en vivre de nouvelles. Des débuts hardcore à la naissance du rap metal, de leur album jazz-lounge au dernier, purement hip-hop, ils auront presque tout fait, et dans deux mois, leur nouvel album sera purement instrumental.

Mais cette constante réimagination a un prix, et c'est le délai entre deux albums, souvent long : les quatre derniers disques sont sortis en quatorze ans. J'ai choisi Hello Nasty, mais n'importe quel autre album aurait mérité sa place : Licensed To Ill, le rap-metal produit par Rick Rubin, Paul's Boutique, terriblement novateur par l'usage de samples, Check Your Head, et sa quasi totale absence de samples, ou encore leur plus grand succès commercial de l'époque, Ill Communication (et le hit Sabotage). Hello Nasty, quant à lui, suit ce dernier, et est définitivement leur disque le plus électro.

Fidèle à leur réputation de touche-à-tout de génie, les B-Boys (et leur nouvelle recrue, le multiple champion DMC Mix Master Mike) ont truffé l'album de sons en tous genres, de samples connus (Grandmaster Flash, Quincy Jones) ou totalement sortis d'une vieille brocante, et cela le long de vingt-deux morceaux. On retrouve du lourd bien rythmé, comme les hits Body Movin', Remote Control ou le terrible Intergalactic, des interludes plus calmes, voire instrumentaux, et évidemment du bizarre, comme la collaboration de l'immortel Lee "Scratch" Perry. Peu de remplissage, même si la construction précise de l'album impose une écoute continue de la majorité des morceaux, soigneusement imbriqués.

Hello Nasty épitomise parfaitement les Beastie Boys : trop long, sans doute trop ambitieux, il est aussi extraordinaire par sa recherche sonore et sa puissance jouette naturelle. Il ne se prend jamais au sérieux, mais démontre scientifiquement le talent du groupe. Groupe qui restera à jamais un ovni dans le monde pitoyablement fermé du hip-hop US, qui aura de toute façon toujours été trop restreint pour contenir les ambitions du trio new-yorkais. Il se murmure d'ailleurs que The Mix-Up sera nettement plus rock que ses prédécesseurs : on l'attend avec impatience.
 
Intergalactic
 

01:41 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1998 |  Facebook |