26/05/2007

Smashing Pumpkins - Siamese Dream (1993)

SmashingPumpkins-SiameseDream2007 semble être l'année des reformations des légendes des années '00. Après Rage Against The Machine, c'est maintenant les Smashing Pumpkins qui reprennent du service, sept ans après leur dernier concert. Music Box Off en reparlera bientot, mais nous allons ici nous intéresser à leur second album, Siamese Dream, celui qui lanca véritablement leur carrière et réputation.

En 1993, on était évidemment en plein grunge. Nevermind, Dirt, Ten et Badmotorfinger étaient sortis, et la fin de l'année allait aussi voir les seconds albums de Nirvana et Pearl Jam. Mais tout cela se passe à Seattle, et loin de là, à Chicago, Billy Corgan allait rejoindre tout ce beau monde en couverture de Rolling Stone, en boucle sur MTV, mais aussi dans les sombres démons de l'héroïne.

Gish, le premier Pumpkins, était de facto en album solo de Corgan, vu qu'il avait tout joué, tout écrit. Ici, Jimmy Chamberlin (batterie), D'arcy Gretzky (basse) et James Iha (guitare) pensaient sans doute former un groupe, mais il n'ont en fait été que des canaux permettant à Corgan de s'exprimer. D'énormes tensions ont troublé l'enregistrement de Siamese Dream, dues aux addictions de plus en plus handicapantes de Corgan et au fait qu'il prenait la liberté de virer les parts enregistrées par les autres musiciens pour les remplacer par les siennes, dans un "souci de cohérence". Le grand succès, tant commercial que critique, rencontré par Siamese Dream et son successeur ont poussé le groupe à rester plus ou moins soudé, jusqu'à un certain point : Corgan est à l'heure actuelle le seul membre présent depuis le début.

Cherub Rock débute l'album, est et un premier morceau parfait : une intro sombre, progressive, jusqu'à un riff stoner aux couches multiples, ce qui sera une de grandes caractéristiques du son Pumpkins : un travail d'orfèvre en studio, qui voit des couches et de couches de guitares se superposer jusqu'à créer un immense mur du son qui n'a pas vraiment été égalé depuis. C'est sans doute aussi la raison pour laquelle le groupe n'aura jamais acquis une grande réputation sur scène. Mais en studio, la production (de Butch Vig, qui a aussi produit Nevermind) est brute, très bruyante, et sans concessions. Les morceaux sont d'ailleurs assez longs, intense, faits de passages aux atmosphères diverses. Ils se perdent parfois en marche, mais le groupe n'aura jamais été connu pour sa modestie, comme le prouvera le double album suivant, Mellon Collie And The Infinite Sadness. Silverfuck est la pièce maîtresse ici, un riff monumental (joué par une quarantaine de guitares), une batterie implacable, des couplets protometal, un bridge pour respirer, et un final apocalyptique.

Autre caractéristique, la voix de Billy Corgan. Ou plutôt un filet fluet, qui, quand il est poussé haut, est très perçant, jusqu'à paraître (et parfois être) difficilement tolérable. Mais c'est sa voix, et au moins, il n'essaie d'imiter personne. Un peu à la manière de Cobain, Corgan semble utiliser la faiblesse inhérente de sa voix pour véhiculer ses émotions, qui, comme on peut le remarquer en étudiant ses paroles cryptiques, sont souvent à fleur de peau. Mais Corgan a avant tout le sens du riff, quitte à en utiliser un pour monter un morceau de sept minutes, le bien nommé Hummer. Il y a du Tony Iommi là-dedans, mais entrecoupé de Cure. Mélange potentiellement incroyable, et très souvent réussi ici.

Maintenant, Corgan tombe parfois dans un certain excès d'auto-dépréciation, on le qualifierait sans doute d'emo, de nos jours. Disarm en est un bon exemple. Corgan ne cherche pas à plaire, mais y arrive souvent. Siamese Dream, l'album le plus "rock des Pumpkins, est évidemment un monument de la culture alternative US, et est peut-être leur meilleur. Il faut juste le prendre comme il est, si possible sans penser à la suite des événements, et sans penser non plus au nouvel album. Mais si on pouvait, juste pour quelques jours, retourner en 1993...
 

Cherub Rock
  

17:54 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1993 |  Facebook |

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