10/05/2007

Beastie Boys - Hello Nasty (1998)

BeastieBoysHelloNastyLes Beastie Boys, dans deux ans, fêteront leurs trente ans de carrière. Non, moi non plus, je n'y croyais pas. Mais il faut dire qu'ils ont changé de style et de genre tellement souvent qu'on pourrait en déduire qu'ils ont eu plusieurs vies, et qu'ils continuent d'ailleurs à en vivre de nouvelles. Des débuts hardcore à la naissance du rap metal, de leur album jazz-lounge au dernier, purement hip-hop, ils auront presque tout fait, et dans deux mois, leur nouvel album sera purement instrumental.

Mais cette constante réimagination a un prix, et c'est le délai entre deux albums, souvent long : les quatre derniers disques sont sortis en quatorze ans. J'ai choisi Hello Nasty, mais n'importe quel autre album aurait mérité sa place : Licensed To Ill, le rap-metal produit par Rick Rubin, Paul's Boutique, terriblement novateur par l'usage de samples, Check Your Head, et sa quasi totale absence de samples, ou encore leur plus grand succès commercial de l'époque, Ill Communication (et le hit Sabotage). Hello Nasty, quant à lui, suit ce dernier, et est définitivement leur disque le plus électro.

Fidèle à leur réputation de touche-à-tout de génie, les B-Boys (et leur nouvelle recrue, le multiple champion DMC Mix Master Mike) ont truffé l'album de sons en tous genres, de samples connus (Grandmaster Flash, Quincy Jones) ou totalement sortis d'une vieille brocante, et cela le long de vingt-deux morceaux. On retrouve du lourd bien rythmé, comme les hits Body Movin', Remote Control ou le terrible Intergalactic, des interludes plus calmes, voire instrumentaux, et évidemment du bizarre, comme la collaboration de l'immortel Lee "Scratch" Perry. Peu de remplissage, même si la construction précise de l'album impose une écoute continue de la majorité des morceaux, soigneusement imbriqués.

Hello Nasty épitomise parfaitement les Beastie Boys : trop long, sans doute trop ambitieux, il est aussi extraordinaire par sa recherche sonore et sa puissance jouette naturelle. Il ne se prend jamais au sérieux, mais démontre scientifiquement le talent du groupe. Groupe qui restera à jamais un ovni dans le monde pitoyablement fermé du hip-hop US, qui aura de toute façon toujours été trop restreint pour contenir les ambitions du trio new-yorkais. Il se murmure d'ailleurs que The Mix-Up sera nettement plus rock que ses prédécesseurs : on l'attend avec impatience.
 
Intergalactic
 

01:41 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1998 |  Facebook |

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