25/04/2007

Refused - The Shape Of Punk To Come (1998)

refusedC'est bien de se revendiquer punk, d'avoir un t-shirt Ramones et dire que Bush il est pas bien, mais c'est quand même autre chose d'être punk. De clairement se positionner en marge de la société, dans la vie de tous les jours et pas seulement sur disque et scène. Et quand on parle d'être punk, ce n'est évidemment pas tuer sa femme avant d'overdoser. C'est une question d'attitude, de style, et aussi de musique, car sans support, les punks, on ne les voit pas.

Refused, c'est tout ça, en même temps, et en mieux. Preuves? Ils se revendiquent tous du mouvement straight edge, leurs idéaux politiques sont fermement ancrés à gauche, tendance Marx-anar-situationniste, leur dernier concert a été interrompu par la police (ce qui ne les a pas empêché de continuer) et leur album The Shape Of Punk To Come est une putain de bombe. Malheureusement, le titre n'aura pas trop fait écho, mais peu de groupe auraient de toute façon eu le talent de continuer. Sauf peut-être The (International) Noise Company, né des cendres de Refused.

On parle ici de punk, mais par essence. Pas nécessairement de talent musical douteux ni de paroles antisociales, mais de mélange des genres impressionnant, mixant des beats électro à des riffs sanguinaires, des passages ambient à une rythmique détonnante, le tout surplombé par les cris de Dennis Lyxzén, qui chante comme si un néo-nazi lui pointait un flingue sur la tempe. Les morceaux ne sont généralement pas courts, sont assez ambitieux et sont techniquement très complets. Quand on vous parlait du punk du futur... Ceci dit, les références sont là : Liberation Frequency allie des couplets très clash à un refrain hardcore (l'album est plus hardcore que traditionnellement punk), tandis que l'immense New Noise peut faire penser à d'autres allumés révolutionnaires, Rage Against The Machine. Mais Rage avec un excellent batteur, une boîte à rythmes, et Ian MacKaye au chant.

L'album n'est pas évident à écouter, et il l'est encore moins vers la fin : Tannhäuser est introduit par un violon frénétique, avant que Derivé le succès avec un hardcore très hard. Et puis le violon revient nous arracher une larme. The Apollo Program Was A Hoax, dernier morceau acoustique au titre définissant Refused, conclut un album éclectique, à faire écouter à ceux qui pensent connaître ce qu'est le punk. It's all in your head.
 
 
New Noise

23:46 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1998 |  Facebook |

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