18/04/2007

Tool - Lateralus (2001)

Tool-lateralus-album

Tool est actuellement un des groupes metal les mieux considérés et respectés, et ce status est en grande partie atteint grâce à leur troisième album, Lateralus. Ce dernier est plus brut, plus focalisé, et plus ambitieux que ses deux précédesseurs (et aussi moins drôle). En fait, c'est n'est pas qu'il est ambitieux : c'est carrément un album à la construction complexe et assez extraordinaire en soi.

Déjà, il n'est fait absolument aucun compromis commercial. L'album fait 80 minutes, les morceaux sont très longs et absolument pas formatés. Les deux vidéos qui ont été tournées sont conformes aux précédentes : maladivement tordues. Et musicalement, sans être violent, c'est très heavy. Il n'y a en fait que six "vrais" morceaux sur l'album, les autres étant des interludes instrumentaux plus ou moins calmes, plus ou moins étranges. Le premier, The Grudge, explique tout dès le début : huit minutes de guitares puissantes, de voix tourmentées (on ne fait pas mieux, dans le genre tourmenté mais bien chanté, que Maynard James Keenan), et une batterie qui laisse sans voix, justement.

Parlons-en, de la batterie. Danny Carey joue de la batterie comme personne. Il joue de ses pieds comme de ses mains, imprime des rythmes invraisemblables (Schism compte plus de 20 - VINGT - signatures différentes) et arrange sa batterie selon un schéma occulte proche du pentacle sataniste. C'est donc lui, et son compère bassiste Justin Chancellor qui forment la colonne vertébrale de Tool, mais ce sont les deux autres qui en sont l'âme. Adam Jones, réalisateur des clips du groupe et maître ès riffs minimalistes, et Maynard James Keenan, explorateur des tréfonds du psyché humain, vocaliste pour les excellents A Perfect Circle, et maintenant
vigneron. Les paroles de Keenan passent de l'abstrait au très personnel (surtout l'album suivant, 10,000 Days, en grande partie inspiré par le décès de sa mère Judith Marie), mais peuvent pas laisser indifférent, grâce à sa façon de chanter, ou plutôt ses façons. Murmures, chant harmonieux, cris, hurlements, voire tout en même temps (Ticks And Leeches), Maynard est un vocaliste exceptionnel, qui peut en plus modifier sa voix comme il l'entend (voir une fois de plus 10,000 Days).

On a déjà parlé plus haut de l'immense variation rythmique de Schism, la complexité ne s'arrête pas à ce morceau : le second extrait de Lateralus, Parabol(a), est accompagné d'une vidéo de plus de dix minutes, le morceau en lui-même commence calmement et se termine en apocalypse de guitares. Plus tordu : Lateralus, le morceau-titre, est basé sur la suite mathématique de Fibonacci, elle-même inspirée du
Nombre d'Or. Une longue suite de vingt-trois minutes clôture l'album, en passant d'un style à l'autre, c'est peut-être le seul moment de l'album où on pourrait penser que Tool se perd un peu.

Car Lateralus, même si très long, a besoin de temps pour respirer, pour se développer complètement. L'écoute en une seule traite n'est pas obligatoire, mais elle augmente l'expérience, faisant de l'album une pièce intense, qui a marqué la musique heavy et reste sans doute le meilleur album d'un de ces plus grands représentants.  On ne peut simplement pas passer à côté.



Schism

15:05 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2001 |  Facebook |

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