02/04/2007

R.E.M. - New Adventures In Hi-Fi (1996)

REMNewAdventuresInHiFi

R.E.M. a récemment été admis au Rock 'n Roll Hall of Fame, ce qui signifie, entre autres, que leur premier disque est sorti il y a au moins 25 ans. En 25 ans de carrière, c'est mathématique, on évolue, on sort des albums meilleurs que d'autres, et on se remet en question. C'est exactement ce que R.E.M. a fait, et ce qui a permis de produire cet album totalement exceptionnel.

Contexte : en 1996, R.E.M. est un groupe immense. Ils ont déjà sorti neuf albums, et produit leurs tubes Everybody Hurts et Losing My Religion. Les albums Green, Out Of Time et Automatic For The People sont considérés comme trois classiques (et successifs, rien que ça). Mais le petit dernier, Monster, trop ancré dans le courant grunge de l'époque, déçoit. De plus, la tournée est longue et difficile, et le batteur Bill Berry a subi une double rupture d'anévrisme qui aurait pu lui être fatale. Il fallait faire quelque chose.

Ce quelque chose est New Adventures In Hi-Fi, au concept étonnant : la majorité des morceaux ont été enregistrés live, lors de soundchecks ou carrément dans les loges de la tournée Monster. En résulte un album excessivement peu commercial, mais très organique et tout simplement énorme. Tout d'abord, l'album ne fait aucun compromis. Il est long (65 minutes), très varié et ne comprend pas de single évident. Le succès commercial ne fut pas non plus au rendez-vous, et on peut facilement comparer l'album à
No Code de Pearl Jam, sorti la même année et qui occupe grosso modo la même place dans leur discographie.

How The West Was Won And Where It Got Us, qui entame le disque, donne le ton avec son clavier lancinant, mais Wake Up Bomb, juste après, est un morceau rock puissant et rapide, sans être over the top comme la majorité de Monster. Departure ou So Fast So Numb prouvent que Hi-Fi est aussi un album de pur rock, et R.E.M. n'hésite pas à monter en volume quand il le faut. Mais l'ambiance générale reste introspective, onirique et très personnelle, comme démontré sur Be Mine, où la répétition devient presque enivrante, ou le merveilleux instrumental Zither.

Enfin, New Adventures In Hi-Fi comprend carrément trois des meilleurs morceaux du groupe. E-Bow The Letter est d'une beauté à couper le souffle, Patti Smith fournissant un contrepoids parfait aux incantations de Michael Stipe. Ensuite, Leave peut bien durer sept bonnes minutes, mais on ne s'ennuie pas une seconde, en suivant soigneusement les routes sinueuses de trois guitares voyageant d'une atmosphère à l'autre. Enfin, la morceau terminant l'album, Electrolite, est une valse mémorable au thème aigre-doux, comme souvent chez R.E.M. Stipe clôture tout net :"I'm outta here". Et nous, on relance l'album, ou bien on retourne dans la discographie foisonnante du groupe, parfois moyen (malheureusement, les albums depuis Hi-Fi ne sont pas à niveau), souvent très bon, mais jamais à ce point. New Adventures In Hi-Fi est un des meilleurs album de rock 'n roll, c'est tout.

14:01 Écrit par Denis dans 1990s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1996 |  Facebook |

Commentaires

Moi aussi j'aime cet album trop souvent décrié par la critique.

Écrit par : Edouard | 22/05/2007

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