05/12/2007

Muse - Origin Of Symmetry (2001) [#69]

MuseoriginofsymemtryalbumcoverMuse, de manière assez surprenante, est devenu un groupe majeur en Europe, et a même réussi à s'exporter avec succès. Cela peut s'expliquer par le caractère assez... mou du dernier album, mais en 2001, ils ont sorti un très bon opus, un des meilleurs des années 00, du rock british, etc etc, le tout en sortant de l'ombre de Radiohead, dans lequel s'était enfermé le premier album, Showbiz.

Origin Of Symmetry ne fait pas de concessions, contrairement au Muse que l'on connaît actuellement (Starlight???). Deux des trois premiers morceaux durent plus de six minutes, et comprennent, dans le désordre, des voix élastiques, des claviers tordus, un jeu de guitare très intrigant ainsi qu'une section rythmique très puissante. New Born commence calmement, avec un piano, avant de littéralement exploser avec une guitare filtrée bruyantissime. La basse de Chris Wolstenholme, arme secrète de Muse, enfonce le clou très fort. Le morceau est complexe, mais moins que Space Dementia qui sonne exactement comme son titre le fait croire. Avec les effets spéciaux des vieilles séries de SF. Et, évidemment, un break de piano music-hall. Forcément...

La première moitié de l'album est une usine à hits (enfin, hits, dans un monde utopique). Hyper Music est porté par un riff machiavélique plus lourd que Sabbath, alors qu'on pardonnera facilement l'emprunt de la ligne de basse de Sexy Boy (Air) : Plug-In Baby est parfait, le riff vaut bien le top 10 des meilleures intros de tous les temps. En plus, même si le morceau parle d'une guitare, les Freudiens ont quelque chose à se mettre sous la dent. Citizen Erased? On recommence, riff de folie, ligne de basse qui tue, batterie puissante, et ce n'était que l'intro : quand le morceau démarre, la terre tremble. Mais comme ça dure 7 minutes 19, elle a le temps de se refaire une santé, avant de définitivement s'écrouler sur elle-même. Jouissif, et un des rares albums où les claviers sont supportables. Les voix aigües, c'est limite, mais bon, on passe. Quoique Micro Cuts, c'est un petit peu over the top quand même.

Il faut attendre le neuvième morceau pour avoir un peu de calme, avec le flamenquesque Screenager. Le bizarre continue, avec Darkshines qui pourrait sortir d'un western façon Robert Rodriguez, avant que l'inattendue reprise de Feeling Good, euh, surprenne. Megalomania finit l'album dans le calme, mais un calme menaçant.

Peu, très peu de déchets dans Origin Of Symmetry qui sera très certainement toujours la quintessence de Muse, tout en étant vraiment un très bon album. Alors, que Muse devienne n'importe quoi, fasse des shows à la U2 période Pop, cela n'a pas trop d'importance, quand on sait que quoi qu'il arrive, on aura toujours Origin Of Symmetry pour se souvenir. Leur BloodSugarSexMagik, en quelque sorte.
 

Plug-In Baby
 

23:44 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 2001 |  Facebook |

11/11/2007

Radiohead - Hail To The Thief (2003)

600px-Radiohead.hailtothetheif.albumartAvant de sortir son sixième album, Radiohead avait déjà une carrière bien remplie. Un premier album bien reçu avec un mégahit (Creep), un second qui définit le post-grunge, un troisième qui sera reconnu comme un des plus importants de l'histoire du rock, et enfin, une paire d'opus expérimentaux et très impressionnants. Il ne semble plus vraiment y avoir de barrières à franchir, et c'est dans se contexte que Radiohead a pu enregistrer leur album le plus "facile" à ce jour.

Comme à chaque fois depuis Kid A, on se demande (assez stupidement d'ailleurs) si le groupe va revenir au bon gros rock, et 2 + 2 = 5 semble répondre aux attentes, surtout dans sa seconde moitié mouvementée. Ce n'est forcément qu'un mirage : même si les élements électroniques sont moins présents, il le sont toujours (le final de Sit Down stand Up, par exemple), et la guitare n'est jamais qu'un instrument parmi d'autres. Hail To The Thief est un album long (une heure, quatorze morceaux), dense et varié : on aurait pu retrouver Sail To The Moon sur OK Computer, alors que Go To Sleep est basé sur une guitare acoustique, ce qui est très rare, chez Radiohead.

Si l'on veut chercher une différence majeure entre HTTT et les deux albums précédents, ce serait peut-être une recherche mélodique plus poussée. Une majorité des morceaux ici sont basés sur une mélodie, quelque chose d'accrocheur et d'attachant, qui les rend plus... humains, peut-être. Where I End And You Begin en est un bon exemple, et comprend aussi une utilisation intéressante des Ondes Martenot par le bidouilleur en chef Jonny Greenwood. Ce qui n'empêche pas les expériences bizarres, comme We Suck Young Blood, emmené par un piano et rythmé par des claquements de mains, ou The Gloaming, entièrement manipulé en post-production.

Le premier single n'arrive qu'en neuvième place sur l'album, et c'est peut-être là sa faiblesse ultime. Est-il trop long, trop dense? Rien n'est à jeter, certes, mais il aurait peut-être mieux valu reléguer deux-trois morceaux en faces B (là où se trouvent déjà quelques perles). De même, après les derniers albums, il est étonnant, voire un peu gênant, d'entendre des morceaux relativement simples et accrocheurs, comme, justement, There There. Rien de mal à ça, et Radiohead continuera d'ailleurs la tendance dans le prochain album, In Rainbows, après que Thom Yorke ait exorcisé ses démons numériques sur The Eraser. I Will pousse d'ailleurs la simplicité jusqu'à son quasi-paroxysme, nous montrant une nouvelle facette du groupe, tout cela après six albums. Mais dans une schizophrénie typique, Myxomatosis envoie une basse trafiquée directement là où ça fait mal et ferait presque... danser. A Wolf At The Door clôture l'album, avec un Thom Yorke toujours inquiétant et mystifiant.

Hail To The Thief n'a pas l'importance des quatre albums précédents, c'est indéniable. Ce qui n'empêche pas son excellence, et surtout, son importance personnelle pour Radiohead, qui semble avoir trouve son équilibre. Même s'il continueront certainement à surprendre à chaque nouvelle sortie, comme pour le récent In Rainbows, qui aura attendu quatre longues années avant de voir le jour.
 
 
2 + 2 = 5
 
 
Where I End And You Begin

13:47 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2003 |  Facebook |

07/11/2007

Radiohead - Amnesiac (2001)

Radiohead.amnesiac.albumartOn le sait, les morceaux d'Amnesiac ont été enregistrés en même temps que ceux de Kid A. Ceci dit, le groupe a choisi de ne pas en faire un double album, mais de sortir les deux parties, en insistant bien sur leurs différences. On ne peut que le comprendre, les deux albums sont en effet différents.

Amnesiac, et ce n'est pas un reproche, est nettement moins cohérent. Alors qu'un fil conducteur semblait relier chaque point de Kid A, ici rien ne semble associer deux morceaux qui se suivent comme Pyramid Song et Pulk/Pull Revolving Doors, par exemple. Le thème "guitares" est aussi traité différemment : certains en sont totalement dépourvus, d'autres sont construits autour, comme Knives Out et I Might Be Wrong. Certains extraits d'Amnesiac sont les plus obscurs jamais composés par le groupe, d'autres sont nettement plus accessibles. Knives Out est certainement le morceau le plus commercial, si l'on peut dire, depuis Karma Police.

Amnesiac est très énigmatique, comme l'anti-Blair basique You And Whose Army, chanté par un Thom Yorke à la bouche pâteuse, sur une base instrumentale apparemment enregistrée sous trois mètres d'ouate, ou Packt Like Sardines In A Crushd Tin Box qui semble, quant à lui, tiré de Kid A. Schizophrène, l'album offre des morceaux de brillance totale, comme le coda de I Might Be Wrong, pendant lequel on ne peut simplement plus respirer, ou le final Life Is A Glasshouse, encore très différent, et enregistré avec le jazzman Humphrey Lyttleton. Dans le même genre, Dollars And Cents est augmenté de la présence de cordes, qui prépare peut-être étrangement le dernier In Rainbows. Mais il est aussi possible que le groupe ait été un peu loin, Hunting Bears et Like Spinning Plates poussent l'exploration sonore au maximum. C'était probablement le but, il est atteint, mais ces morceaux nous font plus gratter le crâne qu'autre chose. Et fatalement, tout cela ne ressemble à rien avec ce que Radiohead a pu faire auparavant.

Il s'agit très certainement de l'album le plus étrange de Radiohead, ce qui n'est pas peu dire. On pourrait même s'avancer en affirmant que Kid A n'a fait que préparer l'arrivée d'Amnesiac, sans quoi il aurait été totalement impossible à comprendre. L'évolution du groupe ne s'arrêta pas là, évidemment, mais l'album suivant, Hail To The Thief, n'aura pas le même impact que cet incroyable duo. Mais c'était impossible.

Un vrai cauchemar de chroniqueur, cet album, mais une classe et une inventivité folle.


I Might Be Wrong


Life In A Glasshouse

23:47 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2001 |  Facebook |

29/10/2007

Radiohead - Kid A (2000)

Radiohead.kida.albumartDepuis que je m'intéresse au rock (au sens très large), ce qui doit faire une bonne douzaine d'années, j'ai pu en connaître, des groupes venir, partir, apparaître et disparaître. Des petits concerts qui allaient devenir grands (Muse devant 150 personnes), des grands qui ne l'auraient pas du (je ne sais pas ce que je foutais devant Jamiroquai au Flanders Expo, Saint Jimi, pardonne-moi), des albums de référence, des déceptions. Et Kid A. Replaçons-nous un peu dans le contexte.

On avait quitté Radiohead en 1997, suite à deux événements majeurs : OK Computer, et, dans la tournée qui a suivi un concert mémorable à Rock Werchter. Puis, secret et silence, jusqu'à l'annonce d'une tournée non sponsorisée, sans aucun album à vendre. Ils sont venus de nouveau à Werchter, mais sous chapiteau, pour ce qui fut une des expériences les plus surréelles de ma vie. Lors de ce concert, on a pu entendre quantité d'inédits, qui ne ressemblaient absolument pas à ce qu'on connaissait du groupe. Quelques semaines plus tard, la première partie de ces enregistrements voyait le jour.

Everything In Its Right Place avait déjà frappé tous les esprits lors des concerts, avec son intro traînante à l'orgue, et une fin qui part dans tous les sens : Jonny Greenwood samplant et manipulant en temps réel la voix de Thom Yorke. Déjà, après quelques minutes, on se retrouve déjà face à un des plus grands morceaux du groupe. Kid A, la "chanson" suit, est en fait une sorte de collage musical étrange, influencé par quelques terroristes des circuits imprimés à la Aphex Twin ou Squarepusher. Voix complètement sous acide, basse puissante, mais absence complète de structure reconnaissable, et de guitares. C'est ce qui avait choqué à l'époque : on savait Radiohead de nature expérimentale, mais de là à quasi virer les guitares, il fallait le faire...

The National Anthem tient debout grâce, comme souvent, à la basse de Colin Greenwood, et alors que le morceau semble somme toute assez classique, il se finit en free jazz complètement à la masse, avant que le cousin d'Exit Music (For A Film), How To Disappear Completely, montre pour la première fois qua la technologie peut aussi transporter des émotions. Optimistic foule un terrain déjà plus connu, avec, il semble, une guitare quelque part derrière. Mais le morceau en lui-même, et les percussions tribales font vite comprendre qu'on n'est plus vraiment avec le groupe de Creep...

Et que dire d'Idioteque, le morceau qui avait scotché tout le monde sur place en concert. Un immense beat techno, une manipulation sonore grandiose, des paroles typiquement parano et un autre grand moment. Le sombre Motion Picture Soundtrack clôt un album choquant, peut-être moins maintenant quand on connaît les trois albums qui ont suivi, mais Kid A reste toujours un monument, et LA référence en matière de réinvention sonore. Alors que des tonnes de groupes se revendiquaient de Radiohead, ils ont décidé de se réinventer, s'attirant un immense respect et élargissant leur audience.
 
Ceci dit, ce n'est pas tout. Car les sessions d'enregistrement ont été tellement fécondes, qu'un autre album allait très vite voir le jour. Radiohead n'a pas sorti un double album, pour bien marquer le coup entre les deux bêtes, et il est vrai que même si, comme de coutume, on peut trouver des points communs, Amnesiac ne ressemble à aucun autre album du groupe. Ce sera la prochaine étape.


Everything In Its Right Place


Idioteque

17:34 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2000 |  Facebook |

12/10/2007

Dylan - Dylan (2007)

Dylan_album_coverRobert Allen Zimmerman chante depuis plus de quarante-cinq ans. Dans ce laps de temps, il est devenu l'un des artistes le plus importants de la musique contemporaine (oui, c'est vague), et un des plus repris. Qui pense à Dylan en écoutant All Along the Watchtower, voire (horreur) Knockin' On Heaven's Door? Ces deux morceaux, et quarante-neuf autres, sont repris sur cette énorme compilation, au titre adéquat. Attention toutefois : l'album est disponible en plusieurs versions, dont une risible édition dix-huit morceaux. Tant qu'à faire, autant prendre la totale.

Arrangée chronologiquement, la compilation laisse évidemment la part belle au début de carrière du Dylan : le premier disque couvre la période entre 1962 et 67, le second 67-85 et le dernier 85-2006, le but étant de reprendre le plus possible de morceaux importants. De toute façon, le but d'un tel album, et dans une moindre mesure de cet article, n'est pas de résumer Dylan, mais plutôt de faire une sorte d'introduction générale.

Le début est évidemment folk : Dylan, une guitare acoustique et un harmonica. L'album The Freewheelin' Bob Dylan est très bien representé, avec trois morceaux dont l'immense Masters Of War, sans doute la protest song la plus violente jamais écrite. Il faut l'entendre se clôturer avec ces mots terribles "And I'll stand on your grave / Till I'm sure that you're dead" pour tenter de comprendre ce qui animait son auteur, qui, sur A Hard Rain's A-Gonna Fall décrit de manière pittoresque un paysage post-apocalyptique.

Puis, le ton devient plus électrique, et on se souvient de ce très célèbre épisode où, lors d'un concert à Manchester en 1966, un fan cria "Judas" à Dylan, coupable d'avoir échangé son acoustique contre une Strat. Il joua ensuite une version monstrueuse de Like A Rolling Stone, et le rock n roll trouvait une raison d'être supplémentaire. Dylan, constamment à la recherche d'innovation, rajouta sans cesse de nouveaux thèmes et instruments, tout en restant généralement un poète de grand niveau, quand on ne le surprend pas coupable de sexisme primaire.

Ensuite, alors qu'on peut trouver moins d'importance à son oeuvre, et même s'il passe logiquement par quelques moments moins fertiles, Dylan réussit à sortir quelques albums de qualité, continuant seul son chemin vers la légende. Est-ce que cette dernière est en en fait supérieure à l'oeuvre? Peut-être, mais l'Histoire a décidé, et Dylan restera bien plus qu'un musicien.

Masters Of War

 

09:15 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2007 |  Facebook |

06/09/2007

Grandaddy - The Sophtware Slump (2000)

TheSophtwareSlumpCoverAprès une dizaine d'années d'activité, Grandaddy a mis la clé sous le paillasson l'an dernier. The Sophtware Slump est généralement considéré comme leur meilleur album, et est en tout cas un disque attachant et digne d'intérêt.

Le monde de Grandaddy est celui du frontman Jason Lytle et de son univers étrange, ici fait de robots humanoïdes poètes, d'ambiances sci-fi, de guitares lo-fi et d'une voix particulière rappellant Neil Young, à défaut d'une meilleure comparaison. Même si quelques extraits valent clairement le détour, c'est le tout qui fait de The Sophtware Slump un album majeure, et une des pierre d'achoppement de l'indie US des années 2000.

Les choses ne se passent pas facilement, et ce dès le départ : He's Simple He's Dumb He's The Pilot ouvre l'album et dure presque neuf minutes, en passant par différents mouvements, reliés par une ambiance particulière, qui se retrouvera tout au long de l'album. Samples, claviers sortis de Silicon Valley et feedback rêveur en ferait la bande originale parfaite pour un western steampunk (en voilà une idée, tiens). Il est difficile de pointer des influences particulières, mais cette façon de bricoler des morceaux charmants à partir de pas grand chose reste mémorable, comme les deux imparables Hewlett's Daughter et The Crystal Lake, où la voix très touchante de Lytle est mélancolique à souhait.

L'album comprend aussi des ballades qui semblent mener nulle part, et qui content des histoires surréalistes de robots et de nettoyage d'égouts, tout comme des morceaux nettement plus rentre dedans, avec des guitares maltraitées qui sonnent plus lo-fi qu'une démo de Dinosaur Jr. Broken Household Appliance National Forest combine les deux, alliance improbable de pédales fuzz et de micro-ondes dysfonctionnels.

Grandaddy fut un groupe attachant, qui, sans jamais trouver une large audience (et sans la chercher, non plus), aura réussi une bien belle carrière, influençant nombre de formations indie contemporains, tout en restant éminemment écoutable aujourd'hui. Respect.


The Crystal Lake

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2000 |  Facebook |

20/08/2007

Pearl Jam - Pearl Jam (2006)

PearlJam1Huitième et dernier album en date de Pearl Jam, Pearl Jam (surnommé Avocado à cause de sa pochette minimaliste) est aussi celui qui a pris le plus de temps à sortir : presque quatre ans l'ont séparé de Riot Act. Durant ces quatre années, ils ont publié des albums live, une compile de raretés et ils ont quitté leur maison de disques, qui s'est d'ailleurs empressé de sortir un best of. Une interview de McCready, où il comparait leur état d'esprit en studio avec celui de la période Vs a mis le feu aux poudres : c'était un retour aux sources ou quelque chose du genre, voire pire : un retour en forme. Il n'est n'est rien : même si, comme on va le voir, l'album peut se rapprocher de leurs débuts, il reste un opus encore particulier et différent de ce que Pearl Jam a commis auparavant.

Ceci dit, ce qui saute aux yeux (ou aux oreilles...) quand on écoute l'album pour la première fois, c'est évidemment le début. Jamais dans l'histoire du groupe un album n'avait été aussi puissant d'entrée, alignant cinq morceaux rock très remuants. Life Wasted emprunte le riff de Rockaway Beach pour rendre un hommage à Johnny Ramone, proche ami de Vedder qui sert ici d'exemple pour une représentation qui va du particulier au général, comme souvent chez lui, alors que le single World Wide Suicide emprunte le même schéma narratif pour critique l'administration Bush, qui ne s'est pas vraiment améliorée depuis Riot Act. Comatose va encore un cran plus loin, c'est carrément le morceau le plus violent (à défaut d'un meilleur terme) du groupe, du pur punk. Severed Hand allie histoire de drogue et riff familier (Porch recyclé avec brio) alors que Marker In The Sand termine cette longue salve en interrogeant un Dieu soit inexistant soit totalement impuissant et invisible.

Après les expériences de No Code, le minimalisme de Yield et ce qui a suivi, on est autant surpris que ravis de retrouver Pearl Jam aussi à l'aise. Riot Act montrait un groupe introverti, presque timoré : Pearl Jam ressort l'arsenal rock, et le fait mieux que quiconque. Mais la relative simplicité de ces premiers morceaux n'est nullement un indicateur pour la suite. Parachutes ne peut être plus différent de ce qui précède, ballade tout en douceur et étonnamment positive, malgré les références à la guerre. Simple chanson d'amour, elle montre l'étonnante capacité de composition de Stone Gossard, définitivement un des meilleurs songwriters contemporains, maître du riff incontestable et aussi à l'aise dans les rockers énormes que dans les ballades intimes. "What a different life had I not found this love with you", chante Vedder, qui passe des métaphores complexes aux sentiments purs, exprimés simplement.

Par contre, Unemployable raconte une histoire, très Springsteenesque d'ailleurs, d'un brave homme qui perd son boulot et qui se demande comment il va pouvoir nourrir sa famille. Des images marquantes et une compositions de rock classique (certainement la meilleure de Matt Cameron depuis son arrivée à bord) en font un autre morceau atypique qui élargit encore un peu plus la palette de Pearl Jam.

Palette qui se rétracte durant Big Wave, simple morceau rock qui allie deux des thèmes favoris de Vedder, le surf et l'évolution. Étrangement, ça marche, mais Big Wave reste un des morceaux mineurs de l'album, tout comme Wasted Reprise, qui reprend le thème de Life Wasted avec l'orgue de Boom Gaspar comme seul accompagnement. Entre les deux, Gone peine à trouver sa place, débutant comme ballade introspective et pittoresque mais se perdant peut-être dans un trop plein sonore. Mais c'est sans doute parce que la démo solo de Vedder était supérieure au produit fini.

Typiquement, la fin de l'album est très forte. Army Reserve s'adresse aux familles des disparus et des soldats de la dernière croisade américaine, le tout sous des guitares fortement travaillées à coup de délai, un délai qui rappelle celui de The Edge quand son groupe servait encore à quelque chose. Come Back est peut-être la ballade la plus triste depuis Black, dédiée elle aussi à Johnny Ramone. Malheureusement, tout la passion injectée au morceau ne lui fait pas atteindre le niveau de son précédesseur, malgré un coda poignant ("it's ok..."). C'est une fois de plus le dernier morceau qui cloue sur place. Composé (y compris paroles, pour la première fois) par Mike McCready, Inside Job est très différent, et incomparable. Une longue intro presque prog, et un morceau qui se développe pendant sept minutes, pour se révéler être le morceau épique que McCready tentait de composer depuis Present Tense. Réussite éclatante, et fin d'album tout aussi impressionnante.

Pearl Jam, l'album, n'est pas plus un retour aux sources que le meilleur album du groupe. C'est simplement un huitième excellent album de rock pour Pearl Jam, un des plus grands groupes contemporains, ce qui ne souffre d'aucune discussion. D'autres choses sont discutables, comme combien de temps il faudra pour qu'ils sortent le neuvième, ou la question sempiternelle, qui était la cause de ces huit articles : quel est le meilleur album de Pearl Jam.

Ma réponse hautement personnelle et subjective sera le sujet du prochain article, qui reprendra également les incontournables morceaux hors album et la conclusion de ces quelques semaines.
 
 
Comatose

17:13 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 2006 |  Facebook |

16/08/2007

Pearl Jam - Riot Act (2002)

PearlJam-RiotActEn douze ans, Pearl Jam aura évolué, avec et contre les courants musicaux parallèles, en gardant une ligne de conduite assez stricte. Mais deux événements majeurs et inattendus transformeront le groupe, le résultat étant publié sous forme d'album : Riot Act.

Pearl Jam a toujours été un groupe engagé. Mais, vu que la majorité de leur carrière jusqu'ici s'est passée sous Bill Clinton, il n'y avait pas trop lieu d'appeler à la révolution. George W Bush est maintenant président, avec une première et inoubliable conséquence : le 11 septembre 2001. Le titre, Riot Act, pastiche le Patriot Act américain, série de lois selon lesquelles n'importe qui peut dénoncer son voisin d'acte terroriste, surtout s'il n'est pas blond aux yeux bleus. Les thèmes, même s'ils ne font pas directement référence à la situation de l'époque ni aux événements de New York, en sont profondément affectés. I Am Mine, hymne au développement de soi et à la prise de conscience de sa place dans le monde (qui rejoint en cette manière le poignant Indifference) en est un bon exemple.

L'autre événement est plus limité au niveau global, mais est aussi nettement plus personnel : lors d'un concert de l'été 2000 au festival de Roskilde, des carences dans la sécurité du festival ont causé le chaos lors de la prestation de Pearl Jam, et neuf personnes sont mortes piétinées sous les yeux du groupe. Les vers "Lost nine friends we'll never know / Two years ago today" de Love Boat Captain sont à ce propos assez explicites. Inutile de préciser que Riot Act n'est pas un album drôle, mais plutôt l'expression de la morosité du monde contemporain à son paroxysme.

Can't Keep ouvre l'album et ne ressemble à rien de ce que Pearl Jam a pu faire auparavant, s'inspirant d'un Led Zeppelin version folk, avec des paroles évoquant la liberté au sens large et personnel. Save You, le rocker de l'album, part, comme souvent chez Eddie Vedder, du particulier pour aller vers le général, et, même si les guitares crues dominent, permet de nous familiariser avec un petit nouveau, Kenneth "Boom" Gaspar, claviériste et co-compositeur du morceau suivant.

Love Boat Captain est évidemment une chanson d'amour, selon Eddie Vedder, la seule chose capable d'unir l'humanité dans ces temps de crise. On pourra reprocher, sans doute avec une part de vérité, des paroles très basiques, mais le sentiment est très proche (le contexte aussi) de John Lennon écrivant un All You Need Is Love cité ici en pleine guerre du Viet-Nâm. Même envahisseur, différentes mauvaises raisons, même échec. Comment ne pas désespérer?

La paire suivante, Cropduster et Ghost, font baisser le niveau de l'album, et même si les morceaux regorgent de finesse et d'éléments intéressants, on ne peut que remarquer une étonnante retenue vocale de la part d'un Eddie Vedder qui n'a jamais semblé aussi assagi. Même si le thème de l'album ne se prête pas aux envolées à la Blood ou Leash, on s'interroge sur la présence du fameux feu sacré. Heureusement, l'histoire contredira l'affirmation de manière cinglante. I Am Mine est sans doute la meilleure représentation de Riot Act : triste, limite désespérant dans son instrumentation, mais porteur d'un message si pas d'espoir, au moins de réalisation de ce que chacun d'entre nous peut/doit faire pour changer le monde. Thumbing My Way apportera l'espoir, entre arpèges délicats et métaphores : "No matter how cold the winter / There's a springtime ahead".

Le classicisme musical de Riot Act est brisé pour le morceau suivant, où le batteur Matt Cameron (qui a coécrit quatre morceaux), joue une guitare hautement traitée, créant un étrange riff se mêlant parfaitement aux métaphores étonnamment cryptiques de Vedder. Cameron a d'ailleurs entièrement composé le morceau suivant, Get Right, qui ne restera malheureusement pas connu comme étant un des meilleurs.

Green Disease entame un retour à la normale, si l'on peut dire : Vedder a écrit un morceau punk dont il a le secret, avec comme thème très explicite le pouvoir de l'argent, cause évidente de toutes les choses négatives qui pourrissent le monde. Efficace, direct, et puissant. Help Help est composé par le bassiste Jeff Ament, qui lorgne vers Radiohead mais qui ne gardera qu'une valeur assez anecdotique, comparé à l'impressionnante (comme toujours) fin d'album. C'est pourtant une des perles cachées du groupe, qui mérite d'être revisitée.

Cause d'une grande controverse lors d'un concert dans le sud des USA (qui a fait que le groupe ne s'y est plus rendu depuis), Bu$hleaguer est un pamphlet violent et caustique contre Bush et son administration, attaquant directement le président et ses erreurs (et encore, on n'est qu'en 2002). Ce qui ne serait qu'un "simple" morceau politique devaient encore plus intéressant quand on s'intéresse à sa construction : basé sur un de ces riffs dont Stone Gossard à le secret, il voit Vedder chanter les refrains mais parler les couplets, à la manière d'un spoken word. Histoire de faire passer l'argument encore plus clairement. Mission accomplie, le morceau fera parler de lui plus que le reste de l'album réuni.

1/2 Full est le Red Mosquito de Riot Act, et le seul morceau où Mike McCready prend la place de s'exprimer : ce n'est pas un album qui laisse place aux individualités, c'est même le plus minimaliste du groupe, et le moins démonstratif. 1/2 Full est l'exception, même si les paroles sont toujours teintées d'engagement. Ces dernières sont d'ailleurs remarquables sur deux niveaux, d'abord, Vedder compare un de ses anciens morceaux, pour se rendre compte que sa prophétie s'est malheureusement réalisée ("No middle anymore, it's been said before" rappelle "There ain't gonna be any middle anymore" de Porch) ; ensuite, il interroge : "Won't someone save the world?". Typiquement, il est difficile de savoir à qui il s'adresse, au président de la première puissance militaire et économique mondiale? Au dieu absent et inefficace, qui sera encore plus cyniquement évoqué dans l'album suivant? Voire à celui qui écoute l'album? L'interprétation est ouverte.

Arc n'est pas ouvert à interprétation, en tout cas plus maintenant. Á l'époque une énigme, il se compose d'une bonne minute de chants répétitifs de type tibétain (par Vedder), repétés en couches superposées au fur et à mesure jusqu'à former un mur du son. Après que le morceau ait été interprété neuf fois lors de la tournée, on a appris qu'il s'agissait d'un hommage discret aux neuf disparus de Roskilde. All Or None, traditionnelle ballade concluant l'album, est peut-être son meilleur morceau, c'est en tout cas le plus beau, et, pour une dernière fois, un nouvel appel à la force qui est dans chacun de nous ("To myself I / Surrender / To the one I'll never please). Mike McCready colore les solos de manière exemplaire, tandis que Vedder montre que la passion ne le quittera jamais, malgré les circonstances. Une chanson merveilleuse.

Riot Act est un album complexe. Son contexte en fait un opus difficile à prendre à part, sous peine de le considérer facilement comme le moins bon album du groupe. Même si c'est certainement un des plus riches, il est difficile de nier le fait que quelques morceaux ne sont pas vraiment mémorables. Ce qu'on pourrait prendre comme la perte de la passion, surtout dans le chef d'Eddie Vedder doit être replacée dans l'air du temps, et l'album suivant a prouvé qu'il ne s'agissait que d'une phase aussi nécessaire que cathartique. Le groupe trouvera une sorte de renouveau pendant les quatre années suivantes, durant lesquelles ils tourneront, sans nouveau matériel à vendre, en Amérique du Sud, et termineront enfin leur contrat avec Sony, qui s'empressera de sortir un best of. Qu'importe, l'album le plus puissant du groupe depuis Vs. pouvait être révélé.


I Am Mine

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2002 |  Facebook |

12/08/2007

Pearl Jam - Binaural (2000)

PearlJam-BinauralSi No Code était l'album "bizarre", Yield celui de la sérénité, alors, qu'est-ce que Binaural? Certainement l'album le plus controversé, y compris parmi les fans : le meilleur ou le moins bon, mais jamais d'indifférence : Binaural a déchaîné les passions, et ce à plusieurs reprises. Les avis négatifs proviennent sans doute d'adorateurs de Ten, parce qu'à quelques petites exceptions près, il est difficile de trouver quelque chose à reprocher à Binaural, un très solide album qui comprend quelques unes de plus belles chansons écrites par le groupe.

La période d'enregistrement de Binaural est très particulière : d'abord, Matt Cameron, ex-Soundgarden et batteur sur les premières démos de Pearl Jam, a rejoint le groupe, et compose lui aussi. Ensuite, ces sessions ont été très fertiles, ce qui a compliqué la sélection des morceaux, créant le principal défaut de l'album, on y reviendra. Binaural est aussi leur album le plus politique à ce jour, les deux suivants le seront d'ailleurs encore plus. Les deux premiers morceaux tapent très fort : Breakerfall et Gods' Dice rappellent plutôt la salve d'entrée de Vitalogy, même si les intervenants ont grandi depuis.

Evacuation, composé par Cameron, est dispensable, contrairement au splendide Light Years, ballade à ceux, disparus trop tôt, qui ont entouré le groupe depuis sa conception. Nothing As It Seems, quant à lui, est transcendant. Composé par Jeff Ament et emmené par sa contrebasse, il permet à Vedder d'employer son baryton à merveille, interrompu quand il le faut par un Mike McCready étincelant. Un des meilleurs extraits du catalogue du groupe, sans aucun doute. Plus loin, Insignificance conte une terrifiante histoire de guerre, en mettant en évidence le fait que des instruments de mort sont construits dans la ville d'origine du groupe, Seattle, et comme Grievance, il allie critique socio-politique tranchante aux riffs acérés et à la rythmique fracassante. Ce qui n'est pas le cas des très calmes Of The Girl et Parting Ways, qui semblent parfois hors de propos ici. Le minimalisme de ces morceaux trouve son apogée sur Soon Forget, soit 1"47 d'Eddie Vedder + ukulélé, qui rappelle consciemment Blue Red and Grey, des Who. Sleight Of Hand, juste après, est peut-être le morceau le moins reconnu du catalogue, mais c'est un des plus beaux, tout en finesse, conscience et confiance en les capacités d'un groupe qui n'a jamais été aussi bon. Vedder conclut l'album avec une nouvelle narration féminine, Parting Ways, aidé en cela de cordes discrètes.

Alors, que trouver à redire? Lost Dogs, l'album de raretés sorti quelques années plus tard nous apportera la réponse : trois morceaux absolument excellents ont été exclus de Binaural (Sad, Education et Fatal) alors que les moyens Education et Rival se sont retrouvés sur la version finale. Sans cela, avec un tracklist parfait, l'album aurait presque indéniablement été le sommet de leur carrière. Cependant, il l'est peut-etre quand même. Il marque une nouvelle évolution, mais ce sont deux tragédies aux retentissements très différents qui forgeront l'album suivant, le très explicite Riot Act.
 

Nothing As It Seems

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 2000 |  Facebook |

14/07/2007

Metallica - Live In Werchter 01/07/07

Depuis quelques années, Metallica a l'excellente idée de sortir des enregistrements de leurs concerts via un site officiel. Ce n'est pas gratuit, mais quand même une bonne affaire, surtout si l'on tient compte de la qualité de l'encodage (mp3 et flac). Cet été, ils ont mis l'enregistrement de leur nouvel album (attendu en février 08) en pause le temps d'une dizaine de dates en Europe, dont Werchter, le dimanche.

Clairement, ce mini-tour est mis sur pied pour faire plaisir au groupe, qui en profite pour sortir quelques raretés issues du début de leur carrière : les cinq premiers morceaux sortent des trois premiers albums, et lancent le concert à une vitesse effrenée, surtout grâce aux excellents Disposable Heroes et Ride The Lightning. On remarque au passage que l'enregistrement n'est quand même pas top, ce qui est peut-être du à la rapidité de la disponibilité. Après ces cinq morceaux, c'est carrément un morceau qui n'avait plus été joué en 18 ans qui se voit ressucité : l'immense And Justice For All, extrait de l'album du même nom, le plus étrange et le plus ambitieux de leurs opus (et aussi le dernier très bon...). Ils décident étrangement de le faire suivre par The Memory Remains, extrait du très peu mémorable Reload (et seul extrait des trois derniers albums) Le public, évidemment, suit, mais bon...

La suite du set principal continue dans cette tendance de revisite du passé, notamment via l'impressionnant Orion, qui démontre les talents de Robert Trujillo à la basse. Fade To Black souffre un peu d'une certaine approximation guitaristique de la part de James Hetfield, alors que c'est sa voix qui le lâche durant le terrible Whiplash. C'est ça aussi, les concerts. Malheureusement, ça se gâte par la suite. Je l'ai déjà dit, je vais bien devoir le répéter, je déteste le Black Album. Enfin, non, j'aime quand même bien quelques morceaux, et il est aussi infiniment supérieur à la suite, mais le Metallica que j'aime, c'est celui des quatre premiers albums. Opinion peu originale, je sais, mais bon, c'est aussi la mienne.

Donc, le rappel, enchaînant trois scies du Black (Sad But True, Enter Sandman, et la-ballade-dont-on-peut-pas-citer-le-nom), et le prédecesseur One ne m'enchante pas outre mesure, mais vu la qualité de ce qui précède, on ne s'en formalisera pas. Le final, la bombe punk des Misfits Last Caress et l'habituel Seek And Destroy enfoncent le clou d'une performance peu surprenante mais forcément très bonne.

Mais j'ai tout de même un problème avec Metallica. Ce n'est pas spécialement le fait que Kirk Hammett et Lars Ulrich sont relativement limités, on le sait depuis toujours, et ça ne les a pas empêchés de faire la carrière que l'on sait. Non, c'est plutôt le fait que concert après concert, tournée après tournée, les morceaux sonnent toujours de la même façon. Les solos sont identiques aux versions albums, et c'est juste la voix d'Hetfield qui permet de faire la différence. On peut trouver cela dommageable, mais une fois de plus, dans ce cas de figure, le fait d'être fan de Pearl Jam influence forcément mon jugement. Reste que dans leur majorité, les morceaux joués à Werchter sont immenses, et Metallica l'était aussi. Oops, j'ai dit "était"? Comme je suis, quand même...
 
 
Whiplash (Live In Werchter 07)
 

09:45 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2007 |  Facebook |

16/06/2007

The Police - The Police (2007)

ThepoliceCela fait déjà un petit bout de temps que je pense parler d'un album de Police, suite à leur reformation et tournée mondiale. Le fait est que je n'ai pas pu choisir l'album, et je me suis donc tourné vers la solution de facilité, avec ce best of exhaustif : deux disques, vingt-huit morceaux, entamé avec leur premier single, Fall Out, anecdotique et influencé par le punk de son année de sortie, 1977.

L'album est présenté plus ou moins chronologiquement, est c'est assez surprenant de trouver, jste après Fall Out, Can't Stand Losing You, basé sur une des influences majeures du groupe : le reggae. Reggae + songwriting pop = formule étonnante, mais qui a très bien fonctionné. Autre formule, celle de l'alchimie du groupe : la batterie précise de Steward Copeland, qui fait bien plus que suivre la basse de Sting, et la guitare discrète d'Andy Summers. On rajoute la voix de Sting, reconnaissable même si un tantinet fatigante et irritante (surtout dans ses imitations jamaïcaines), et on obtient un des groupes à succès des années 80. Groupe qui a réussi, comme peu d'autres, a changer de style sans trop de problèmes, parfois au sein d'un même album, comme évoqué ici par le frénétique Next To You. On connaît tellement les hits (Message In A Bottle, Walking On The Moon, Every Breath You Take, et j'en passe) qu'il est presque inutile d'en parler, mais le reste mérite aussi plus qu'une oreille, comme l'engagé Driven To Tears, l'étouffant Don't Stand So Close To Me (et ses allusions à la pédophilie) ou les deux parties de Synchronicity.

En règle générale, les morceaux deviennent de plus en plus complexes (et moins reggae) au fur et à mesure que le groupe progresse, notamment grâce à l'utilisation d'un synthétiseur : on peut s'en rendre compte sur Invisible Sun. Malheureusement, on n'évite pas les choix douteux, comme Demolition Man. Le tout reste un peu surévalué par rapport à leur légende. Bon, certes, mais ni extraordinaire ni tellement novateur. Piller et s'inspirer n'est pas précisément la même chose.

De plus, on peut trouver l'album un peu long : les précédentes compilations étaient clairement mal fagotées, mais avait-on vraiment besoin de huit extraits de Synchronicity? On se retrouve face à un best of qui souffre du défaut de ses qualités : à force de vouloir faire dans la quantitité, elle déforce la qualité. L'art difficile de la compilation...

Les années passent, et The Police n'a pas trop bien vieilli. Les fade out, les répétitions ad nauseam des refrains en fin de morceau, le son radio 80s, mais aussi les mauvais souvenirs de la carrière solo de Sting (et Puff Daddy), tout cela n'aide pas. Reste qu'ils auront écrit quelques chansons mémorables, et influencé la culture populaire : quand Arctic Monkeys parlent d'une prostituée de Sheffield, ils la surnomment Roxanne, même s'ils n'était pas nés à l'époque.
 
 
Synchronicity I 
 

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 2007 |  Facebook |

12/06/2007

The White Stripes - White Blood Cells (2001)

The_White_Stripes_-_White_Blood_CellsQuelques jours avant la sortie du nouvel (et excellent) album du duo américain, il me semble une bonne idée de se replonger vers le passé, et de parler du troisième album des White Stripes, toujours mon préféré à ce jour. C'est aussi un album clé : après deux très bons opus, mais assez confidentiels, il a permi au groupe d'attirer l'attention d'une certaine presse qui les a vite ajouté à cette révolution rock, aux côtés des Strokes, Hives, Vines, Datsuns, BRMC et d'autres. Mais ils étaient évidemment différents.

Déjà, ils cultivent une part importante de mythe : leur dresscode blanc/noir/rouge, l'obsession pour le chiffre 3, et surtout le fait qu'ils se présentent comme frère et soeur alors qu'ils sont divorcés. Ensuite, ils ne sont que deux. Jack White : voix, guitare, piano ; et Meg White, à la batterie : technique rudimentaire, mais lien psychique avec Jack, qui leur permet de jouer sans setlist, en improvisant constamment, et parfois en s'arrêtant au milieu d'un morceau, avant d'un commencer un autre, sans interruption. Il faut le voir pour le croire.

White Blood Cells est aussi et surtout le dernier album avant l'avalanche : depuis que Seven Nation Army a fait le tour des stades, leur carrière a changé à jamais. Même si le groupe n'a jamais été connu pour sa production opulente, ici, on frôle la lo-fi : l'intro de Dead Leaves And The Dirty Ground est sale, overdriven, et viscéralement rock. La batterie envoie un rythme simple, répétitif, mais parfait pour la cause. La variété de l'album prend tout le monde à contre pied : Hotel Yorba est ancrée dans l'americana, Fell In Love With A Girl est du punk frénétique, Expecting rappelle Tony Iommi alors que We're Going To Be Friends est une ballade splendide. Le reste évolue entre le brut, le brutal, le bizarre et le calme.

Jack White, ici comme ailleurs, vole le show : par sa voix théâtrale mais toujours posée, et surtout par son jeu de guitare exceptionnel : on dira ce qu'on veut, mais il est un des meilleurs guitaristes actuels. Voir I Think I Smell A Rat, pour un bon exemple. L'album est plus long que les suivants, mais pourtant, il comprend moins de remplissage qu'Elephant et Get Behind Me Satan (pourtant deux albums tout à fait recommendables); son intensité électrique en fait aussi leur plus rock jusque le dernier, dont on parlera dans les prochains jours.

Oui, les White Stripes sont un des groupes contemporains les plus importants, et ils ont six albums pour le prouver : celui-ci n'est qu'un des sommets d'une carrière qui semble infinie et inarrêtable.


Dead Leaves and The Dirty Ground
 

09:30 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2001 |  Facebook |

22/05/2007

Mclusky - Mclusky Do Dallas (2002)

McluskyDoDallasMclusky était le groupe parfait. Trois très bons albums, une séparation due aux conflits internes, et enfin une anthologie époustouflante. Le tout entrecoupé de concerts terribles, terribles. Mclusky Do Dallas est leur second, et est produit - pardon, enregistré -, par Steve Albini.

L'album est pur. Aucun artifice, juste trois types qui usent et abusent de leurs instruments, en même temps, et en live. Ils chantent ou hurlent, parfois à bout de souffle, selon le tempo employé, qui est souvent très rapide. Les morceaux ne laissent que peu de répit, durant deux minutes de moyenne, deux minutes de puissance et de violence seulement contrôlées par les techniques d'enregistrement connues d'Albini (Mclusky étant carrément un de ses groupes favoris, on peut d'ailleurs les comparer stylistiquement à Shellac). Simple, efficace, mais rarement réalisé à un tel niveau d'excellence bruyante.

Musicalement, ils n'ont beau être que trois, mais remplissent facilement l'espace : la basse écrase tout (et live, c'est ahurissant), quant à la guitare, les aigus percent les oreilles jusqu'à trouer lentement, mais sûrement, la boîte crânienne. De plus, les paroles n'ont pas vraiment d'équivalent, sorte d'observation sarcastique de la société actuelle, et ses travers ("He blew it all up to get on television"). Quand ce ne sont pas des références culturelles assez geek ("if it wasn't for them Decepticons, they'd rule the fucking world") ou l'auto-dépréciation ironique ("fuck this band, 'cause they swear too much"). L'album est bref, mais sans faille, et confirme que le succès commercial est définitivement impossible pour des groupes si radicaux.

Un album incontournable des années 00, d'autant plus qu'il est peu probable que les groupes issus des cendres de Mclusky (les très moyens Shooting At Unarmed Men et les prometteurs Future Of The Left) arrive à ce niveau, même si on leur souhaite. Reste que ceux qui, dans le futur, découvriront Mclusky par hasard vont tomber sur le cul. Et crier à l'injustice, une fois de plus...


Lightsabre Cocksucking Blues
 

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 2002 |  Facebook |

18/05/2007

Guided By Voices - Human Amusements At Hourly Rates (2003)

guided_by_voices_best_of_largeCe n'est pas une habitude de chroniquer une compilation sur RMB. Mais quand on étudie le cas de Guided By Voices, groupe totalement culte de l'indie US, on y trouve seize albums (en dix-sept ans!), autant d'EP, six coffrets remplis à raz bord d'inédits, sans parler des albums solo. Devant une telle masse de matériel, et vu que cette compilation est assez bien réalisée, le choix semble s'imposer.

GBV, donc, c'est Robert Pollard, aussi prolifique (mais moins ravagé) que Mark E. Smith, et parrain de la lo-fi US. Bee Thousand (1994) est, avec Slanted And Enchanted de Pavement, généralement cité comme l'album-clé du genre, et même si GBV a depuis évolué (Pollard restant le seul dénominateur commun), leur influence est immense. Et pour de la lo-fi, elle est effectivement très lo. Les clichés du genre "enregistré dans une baignoire sur un enregistreur à cassettes pourri" ont été créés pour GBV, ou du moins pour leur première période.

Fatalement, la "qualité" des enregistrements ne nuit en rien aux morceaux : pour preuve, simple et efficace, il suffit d'écouter le premier morceau de la compile, A Salty Salute. Une minute et vingt-neuf secondes, qui ont directement donné naissance au premier album des Strokes. Car telle est une autre grande caractéristique de Guided By Voices : la brièveté des morceaux, 32 en moins de 80 minutes. Comme les Ramones, par besoin de dire beaucoup quand on le dit bien.

La première partie de la carrière de Guided By Voices est donc caractérisée par un son lo-fi, mais aussi par une recherche mélodique imparable, et parfois quelques guitares punkisantes. Les paroles cryptiques font penser à une autre groupe qui a commencé par être culte dans les milieux indé : REM (même si Pollard était compréhensible). Puis, vers la fin des années 90, Pollard change de direction, et engage des producteurs reconnus, comme Ric Ocasek. Sans être pour autant des feux d'artifices d'effets sonores, les albums deviennent mieux produits, et encore plus irrésistibles. Des morceaux comme Everywhere With Helicopter, Teenage FBI ou I Am A Tree (pensez Weezer qui reprend On A Plain de Nirvana) resteront à jamais des classiques.

Malheureusement, malgré un support sans failles de la part des fans et des collègues, Guided By Voices n'a jamais vraiment pu trouver le succès mérité (qu'ils n'ont d'ailleurs jamais spécialement cherché). Pollard a retiré la prise, lors d'un concert totalement inouï, le 31 décembre 2004 à Chicago. Ce jour-là, le groupe, nourri par un bar présent sur scène, joua 63 morceaux en plus de quatre heures, avant de disparaître à jamais. Robert Pollard débuta officiellement sa carrière solo en 2006, mais il sera toujours connu en tant que leader d'un groupe aussi prolifique que sous-estimé.

Human Amusements At Hourly Rates se termine par I Am A Scientist, où Pollard déclare "I shoot myself with rock n' roll". Que dire de plus?


Everywhere With Helicopter
 

10:00 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2003 |  Facebook |

18/04/2007

Tool - Lateralus (2001)

Tool-lateralus-album

Tool est actuellement un des groupes metal les mieux considérés et respectés, et ce status est en grande partie atteint grâce à leur troisième album, Lateralus. Ce dernier est plus brut, plus focalisé, et plus ambitieux que ses deux précédesseurs (et aussi moins drôle). En fait, c'est n'est pas qu'il est ambitieux : c'est carrément un album à la construction complexe et assez extraordinaire en soi.

Déjà, il n'est fait absolument aucun compromis commercial. L'album fait 80 minutes, les morceaux sont très longs et absolument pas formatés. Les deux vidéos qui ont été tournées sont conformes aux précédentes : maladivement tordues. Et musicalement, sans être violent, c'est très heavy. Il n'y a en fait que six "vrais" morceaux sur l'album, les autres étant des interludes instrumentaux plus ou moins calmes, plus ou moins étranges. Le premier, The Grudge, explique tout dès le début : huit minutes de guitares puissantes, de voix tourmentées (on ne fait pas mieux, dans le genre tourmenté mais bien chanté, que Maynard James Keenan), et une batterie qui laisse sans voix, justement.

Parlons-en, de la batterie. Danny Carey joue de la batterie comme personne. Il joue de ses pieds comme de ses mains, imprime des rythmes invraisemblables (Schism compte plus de 20 - VINGT - signatures différentes) et arrange sa batterie selon un schéma occulte proche du pentacle sataniste. C'est donc lui, et son compère bassiste Justin Chancellor qui forment la colonne vertébrale de Tool, mais ce sont les deux autres qui en sont l'âme. Adam Jones, réalisateur des clips du groupe et maître ès riffs minimalistes, et Maynard James Keenan, explorateur des tréfonds du psyché humain, vocaliste pour les excellents A Perfect Circle, et maintenant
vigneron. Les paroles de Keenan passent de l'abstrait au très personnel (surtout l'album suivant, 10,000 Days, en grande partie inspiré par le décès de sa mère Judith Marie), mais peuvent pas laisser indifférent, grâce à sa façon de chanter, ou plutôt ses façons. Murmures, chant harmonieux, cris, hurlements, voire tout en même temps (Ticks And Leeches), Maynard est un vocaliste exceptionnel, qui peut en plus modifier sa voix comme il l'entend (voir une fois de plus 10,000 Days).

On a déjà parlé plus haut de l'immense variation rythmique de Schism, la complexité ne s'arrête pas à ce morceau : le second extrait de Lateralus, Parabol(a), est accompagné d'une vidéo de plus de dix minutes, le morceau en lui-même commence calmement et se termine en apocalypse de guitares. Plus tordu : Lateralus, le morceau-titre, est basé sur la suite mathématique de Fibonacci, elle-même inspirée du
Nombre d'Or. Une longue suite de vingt-trois minutes clôture l'album, en passant d'un style à l'autre, c'est peut-être le seul moment de l'album où on pourrait penser que Tool se perd un peu.

Car Lateralus, même si très long, a besoin de temps pour respirer, pour se développer complètement. L'écoute en une seule traite n'est pas obligatoire, mais elle augmente l'expérience, faisant de l'album une pièce intense, qui a marqué la musique heavy et reste sans doute le meilleur album d'un de ces plus grands représentants.  On ne peut simplement pas passer à côté.



Schism

15:05 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2001 |  Facebook |

20/03/2007

Deftones - White Pony (2000)

Whitepony

Un des premiers groupes nu-metal (avec Korn, qui a débuté à la même époque), Deftones est considéré comme un des plus gros groupes metal actuel (ce qui sera le seul jeu de mot de l'article). Saturday Night Wrist, leur cinquième et dernier album à ce jour confirmait ce fait avec classe. Mais c'est avec White Pony que le groupe a pu passer du statut de groupe metal underground à potentiel vers celui de grand groupe poulaire et intéressant. Les deux premiers ne sont pas mauvais, loin de là, mais ne montrait pas encore ce dont ils étaient capable, ces variations atmosphériques qui sont leur force et particularité.

Feiticeira, le morceau d'ouverture, ne donne pas dans la dentelle, avec son superriff comprimé et un Chino Moreno (voix) qui alterne entre cri primal et chant habité, une schizophrénie qui ne le quittera jamais. Personne d'autre n'est Chino Moreno, personnalité imprévisible (YouTube est plein d'extraits de concerts montrant un Chino complètement bourré, et faisant littéralement n'importe quoi), mais génial. Si l'on excepte peut-être son comparse de douleur introspective Jonathan Davis, personne dans le metal ne chante mieux les tréfonds de l'âme humaine, la difficulté d'exister, le tout avec une pureté et une authenticité remarquables. Et c'est clairement le point fort du groupe : oui, Deftones est un groupe metal, mais qui doit autant à The Cure et aux Smiths qu'à Slayer et Black Sabbath.

La suite immédiate alterne entre calme provisoire et violence non dissimulée. On peut facilement remarquer des influences ambient et new wave, ce qui n'était pas très commun dans le metal de l'époque, peu enclin à être influencé par cette période que certains esprits étroits jugent peu recommendables. Les paroles sont aussi un voyage peu reposant dans l'esprit de Chino Moreno, ou du ses personnages, la différence étant sans doute ténue. Musicalement, aucun des membres n'est à proprement parler un virtuose, mais le but est de créer une atmosphère propre, et pas une simple collection de morceaux. Le but est évidemment atteint, en grande partie grâce aux bidouillages sonores de Frank Delgado.

Teenager pousse cette recherche d'ambiance jusqu'à éliminer complètement la guitare, alors que Korea expose un Chino plus bipolaire que jamais. En parlant de bipolaire, que dire de l'exceptionnel The Passenger, duo somptueux avec Maynard James Keenan, frontman d'un des autres groupes metal inventifs contemporains, Tool. Suit l'encore plus étrange Change (In The House of Flies) - exemple de paroles : I watch you change / Into a fly - et l'album peut se clôturer calmement avec Pink Maggit, qui créa assez rapidement une controverse.

En effet, leur label, se rendant compte que l'album ne comptait aucun single potentiel, leur demanda - força - d'écrire un 7 Words, ou un My Own Summer. Et de manière assez flamboyante, Moreno décida d'écrire le morceau le plus facilement commercial de leur carrière. Basé sur les accords de Pink Maggit, Back To School voit Chino rapper à la rap-metal classique, créant un hit alternatif dispensable mais terriblement efficace. Mais même s'il est présent sur certaines ressorties de l'album, Back To School ne fait pas partie de White Pony.

La suite ne sera pas une promenade de santé pour le groupe, confronté aux problèmes personnels de Chino Moreno, dont les différentes addictions le rendent complètement ingérables. Après un album (Deftones) moyen,
une compile de faces B et le projet parallèle de Moreno, le groupe a très douloureusement accouché de l'excellent Saturday Night Wrist, et aux dernières nouvelles, la tournée 2007 se déroule très bien.

On ne peut qu'espérer que Chino aille mieux, car son groupe, qui a décroché une place dans la panthéon du metal, peut aller encore bien plus loin. White Pony, bien que très importante, n'est qu'une étape dans la mission de Deftones, rendre le monde tolérable, via une musique organique, personnelle et enivrante.

14:15 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 2000 |  Facebook |

07/02/2007

Queens of the Stone Age - Songs From The Deaf (2002)

qotsa

Aucun album metal n'a dépassé la barre fixée par Songs for the Deaf, il y a déjà cinq ans. C'est aussi simple que ça. L'album arrive au niveau de la pure perfection, et restera pour toujours dans les annales du rock.


Comment y est-il arrivé? D'abord, grâce à ses membres : ex-Kyuss Josh Homme, figure majeure du stoner rock; Nick Oliveri, déséquilibré notoire, et ex-Dwarves et Kyuss; Mark Lanegan, ex-Screaming Trees et voix d'outre-tombe; enfin, en guest drummer, un certain Dave Grohl.
Avoir un tel line-up sur papier, c'est chouette, mais cela ne suffit pas, regardez Audioslave. Dès les premières secondes, les doutes s'estompent. Nick Oliveri, bassiste et exhibitionniste, offre ici sa gorge à contribution, pour un des morceaux les plus violents du groupe, avant que l'imparable single No One Knows déferle, avec ses solos (guitare et basse), ses différentes parties et son futur comme frustration majeure dans Guitar Hero.

Le niveau ne descendra jamais. First It Giveth est une leçon de riffs, tandis que A Song For The Dead montre Dave Grohl en démonstration, qui nous force à nous demander pourquoi il a arrêté la batterie full time : Songs For The Deaf est son meilleur album, aussi incroyable que cela peut sembler.

Les morceaux plus radio-friendly (Go With The Flow, Another Love Song) se lacent parfaitement avec d'autres, plus difficiles d'accès mais tout aussi mémorables (The Sky Is Falling, God Is In The Radio). De plus, Mark Lanegan nous gratifie de quelques exemples de sa voix phénoménale, offrant encore plus de variation à un album déjà très complet.

Songs For The Deaf doit s'écouter très fort, et très souvent. C'est un modèle, un des meilleurs albums de tous les temps. C'est le record du 100m de Florence Griffith-Joyner, qui tient toujours après 20 ans. Dans les deux cas, on ne sait pas ce qu'ils ont consommé durant leur exploit, mais ça marche super bien.

23:15 Écrit par Denis dans 2000s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 2002 |  Facebook |