02/04/2008

AC/DC - Back In Black (1980) [#80]

ACDC_Back_in_BlackUn fait pour débuter. Back In Black est, derrière Thriller, l'album original le plus vendu de tous les temps. Et vu que l'album approche de sa fin inéluctable, il le restera. Je ne prends pas ça comme critère de qualité (le disque le plus vendu, toutes catégories confondues est le Greatest Hits des Eagles, ce qui remet les choses en perspective), mais de distribution : énormément de monde a écouté (ou en tout cas possède, ce qui est autre chose) l'album phare d'AC/DC, succès aussi énorme qu'improbable.

En 1980, AC/DC avait déjà un bon paquet de hits derrière eux, avec notamment l'album Highway To Hell, et un vocaliste exceptionnel, Bon Scott. On connaît la suite : Scott meurt, et est remplacé par Brian Johnson. Back In Black est un hommage à Bon Scott, mais beaucoup d'autres choses aussi.

L'intro mythique, pour commencer. Les cloches, simultanément hommage au chanteur mais aussi annonciatrice de chaos. Un riff, lent, lancinant, qui fait à lui tout seul qu'Angus Young a sa page dans l'encyclopédie des tous grands. AC/DC n'a jamais eu besoin de jouer fort (Iron Maiden), vite (Motörhead), ou de manière malsaine (Black Sabbath) : ils ont leur propre genre, mélange de riffs, de la voix, hmm, particulière de Brian Johnson, et les paroles plus double-entendre qu'une conversation ouija entre Freud et sa mère.

Hells Bells, le premier morceau en question est juste un riff, donc, mais quel riff. AC/DC a repris la racine du rock n roll, le blues, en y ajoutant – forcément – l'électricité et un nombre incalculable de métaphore sexuelles (You Shook Me All Night Long, Let Me Put My Love Into You (!!!) voire parfois sexistes (What You Do For Money Honey).

Mais ne reprendre que ça serait assez réducteur : au creux de l'album, un discret morceau traîne son riff monumental : Back In Black. Continuons le thème : le moment où Johnson commence à chanter est carrément un des moments les plus orgasmiques du rock 'n roll. Et c'est bien ce qu'AC/DC a apporté : rien grand chose de complexe, ni de bien sérieux (z'avez déjà vu Angus Young?). Mais une dose maximal de plaisir et d'enthousiasme, combiné avec un sens de l'accroche inouï; et inégalé.

Oh, bien sûr, ils vivent depuis des années sur leur légende (même si on annonce un nouvel album en 2008), on parle plus de l'accessoire que de l'essentiel (les canons et les cloches, n'importe quel jeu de mot avec “balle” dedans – regardez la pochette du leur dernier dvd), mais quelle légende : AC/DC a créé, et continuera à créer, des groupes qui auront plus ou moins compris l'idéal de Angus, Malcolm, bon, Brian et les autres : rock n' roll ain't noise pollution. Back In Black est la référence.


Hells Bells

 

10:15 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1980 |  Facebook |

18/11/2007

Guns N' Roses - Appetite For Destruction (1987) [#26]

GunsnRosesAppetiteforDestructionalbumcoverLe hasard aura été impressionnant : le premier album tiré au sort aura été le début de Guns N' Roses, un album qui a lancé une frénésie de culottes mouillées et de vêtements infâmes. Mais, aussi étrangement que ça puisse paraître, c'est un assez bon disque.

En effet, Axl Rose, on ne va pas trop l'envier. Il était déjà sérieusement ridicule à l'époque, à crier sa reprise de McCartney en mini short moulant, et maintenant, il ressemble à un vieux maquereau proche de la faillite. Mais je défie qui que ce soit d'écouter Welcome To The Jungle de ne pas vouloir se lever, crier et lancer son poing en l'air, dans le faux plafond. Un des meilleurs premiers morceaux d'album de tous les temps, Welcome To The Jungle a tout, le début - une intro progressive et percutante -, le riff, le caractère introductif, et une fin, brutale et parfaite. Le chant craie sur tableau de Rose ne gêne même pas, c'est dire.

Il n'y avait pas que le rouquin : Slash et Izzy Stradlin furent le duo parfait, l'alliance d'un soliste exceptionnel (It's So Easy) à un maître ès-riffs (My Michelle), il n'en fallait pas plus pour faire d'Appetite For Destruction un album à guitare majeur, même si celle-ci reste fort classique. La majorité de l'album est puissant, exubérant, et fait pour remplir des stades (ou interroger des Irakiens). Paradise City, qui commence assez mal avec des synthés qui étaient déjà ringards à l'époque finit en quasi speedmetal, et c'est comme ça que le groupe est le meilleur.

Maintenant, c'est bien tout ça, mais il reste une moitié d'album assez douteuse, on va dire. La talkbox d'Anything Goes, les bruits d'ébats de Rocket Queen : déjà à l'époque, personne n'osait dire à Axl qu'il déconnait. Et Sweet Child O' Mine, c'est très chouette (et frustrant) quand on apprend la guitare, mais le morceau est presque aussi gênant qu'un mauvais Disney.

Il reste deux faits : Appetite for Destruction reste le meilleur album du groupe (enfin, jusqu'à Chinese Democracy, bien sûr) et fait toujours son petit effet, même s'il est encore un peu surévalué. Mais surtout, sans ce type d'album, comment aurait-on pu, du côté de Seattle, changer la face du monde? Pour avoir Poutine en Russie, il a fallu avoir Staline. Action/réaction (et mauvaise foi).

Allez, sérieusement, c'est marrant, mais bon, on a grandi depuis. Au suivant (Bob Dylan - Blood On The Tracks, on va déjà moins rigoler).


Welcome To The Jungle



PS : pour les commentaires insultants, allez y, mais avec une bonne
orthographe, ok? Sinon vous passez vraiment pour des cons. 

23:45 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1987 |  Facebook |

20/06/2007

Sonic Youth - Daydream Nation (1988)

folderOn pourra toujours parler de manoeuvre commerciale, mais les ressorties d'albums classiques, quand elles sont bien faites, sont assez fantastiques. Daydream Nation est un album classique, et la ressortie est bien faite, donc tout le monde est content. L'album lui-même est un des piliers du rock alternatif américain, sans qui le grand mouvement des années 90 ne serait jamais apparu. C'est aussi un des plus grands albums de guitares jamais réalisé.

Sonic Youth avait déjà sorti cinq albums avant celui-ci, mais ils étaient nettement plus rudes, le groupe expérimentant avec des accordages différents, des effets manipulés et des instruments maltraités ; le tout chanté par trois voix différentes. Daydream Nation n'est pas spécialement accessible, mais il n'est en tout cas pas obscur ni abscons : quand on y rentre, on n'en sort plus. C'est probablement pour cela que l'album débute par Teen Age Riot, exceptionnelle maîtrise en art guitaristique, et morceau parfait, simplement. Quelque part dans l'état de Washington, Kurt Cobain prend des notes.

La suite varie entre morceaux du même acabit, comme l'exceptionnel Silver Rocket, son rythme immense (la basse assourdissante de Kim Gordon n'y étant pas pour rien) et ses guitares, ses tonnes de guitares. Les deux premiers morceaux sont chantés par Thurston Moore, et ceux de Kim Gordon sont nettement plus étranges, comme The Sprawl, inspiré par William Gibson, où Gordon s'exerce plutôt dans le spoken word, avant qu'un mur du son de feedback le clôture. C'est évidemment la marque de fabrique de Sonic Youth, cette faculté à construire des nappes de guitares qui inspirera nombre de Mogwais de par le monde. Contrairement aux albums précédents (et à certains suivants), l'expérimentation pure est réduite au minimum, c'est à dire la pièce de musique concrète Providence, et la longueur très prog de la trilogie finale (quinze minutes).

Reste que la musique n'est pas à mettre en toutes les mains, en tout cas pas tout de suite : la construction n'est pas traditionnelle, on ne retrouve pas de schéma couplet/couplet/refrain/couplet/refrain/solo/refrain, mais c'est le jeu, et il est quand même très bien joué, même si parfois, on se demande si un petit peu plus de simplicité évidente ne serait pas préférable. Au niveau du tempo, on ne cherche pas à jouer vite, même si certains morceaux sont limite frénétiques (Hey Joni).

Malgré sa longueur (septante minutes), Daydream Nation est un album phénoménal, premier chapitre de la trilogie centrale de Sonic Youth (avec Goo et Dirty, déjà ressortis), et sans doute un des dix albums les plus importants de l'alt indie US. Indie que Sonic Youth ne resta d'ailleurs plus longtemps, vu qu'ils signèrent un contrat avec Geffen peu après. La suite de la carrière du groupe oscillera entre albums du même style (très grossièrement parlant), d'autres plus left-field et certains carrément expérimentaux (la série SYR). Mais vu la qualité de leurs dernières sorties, il est peu probable que le groupe devienne un jour mauvais : au contraire, c'est sans équivoque un des tous grands, en tout cas un des plus importants.

Cette ressortie remasterise l'album original (très bien d'ailleurs), lui ajoute une démo ainsi qu'un disque entier comprenant l'album entier joué en concert ainsi que quatre reprises (dont Neil Young, Mudhoney ou encore les Beatles).


Silver Rocket
 

09:30 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1988 |  Facebook |

04/06/2007

The Smiths - The Queen Is Dead (1986)

The-Queen-is-Dead-coverUn des albums cultes outre-Manche, The Queen Is Dead est sans doute le meillleur album des Smiths, fameuse entité bicéphale dont la place dans l'histoire de la Britpop est inversément proportionnelle au succès commercial obtenu. D'un côté, Johnny Marr, adepte de la guitare minimaliste et scintillante, et de l'autre (Steven Patrick) Morrissey, l'Oscar Wilde des temps contemporains, poète et crooner.

L'album peut surprendre par sa variété musicale. Le morceau-titre est emmené par une basse virevoltante (du sous-estimé Andy Rourke), les arpèges de Marr et évidemment la voix de Morrisset, inimitable et reconnaissable entre mille, tout comme ses paroles, tour à tour sarcastiques, humoristiques, nonsensiques et pleurnicheuses. "Life is very long when you're lonely", entonne-t-il pendant que son meilleur ennemi abuse de la wah-wah. La suite directe, Frankly Mr Shankly mèle reggae et new wave, et "I'd rather be famous than righteous or holy". Le troisième morceau exprime clairement l'amour, parfois déraisonnable, de Morrissey pour la pop des années 50. Varié, donc, intéressant, certes, mais malheureusement assez dépassé. Ce qui confère un certain charme à un album avec lequel le temps n'a pas été trop clément, surtout au niveau des techniques d'enregistrement (une remasterisation serait la bienvenue, mais bon, on n'a même pas encore remasterisé les effroyables sorties cd des Beatles).

Morrissey n'a jamais fait les choses à moitié, que ce soit sur disque ou en dehors (ses interviews, ou non-interviews, sont légendaires) : sa prestation sur Never Had No One Ever est soit magnifique d'auto-parodie, soit insupportable de pleunicherie. Cemetry Gates attaque frontalement ceux qui lui reprochent de plagier, alors que Bigmouth Strikes Again s'occupe des journalistes, avec qui il connaîtra une relation tumultueuse. C'est There Is A Light That Never Goes Out qui définit le mieux The Smiths, mélancolie, tristesse et mélodie mémorable.

Virtuellement tous les groupes anglais des deux décades suivantes ont été, plus ou moins fortement, influencés par le groupe, et plus particulièrement par le style vocal et le style d'écriture de Morrissey. On ne citera que Roddy Woomble (Idlewild) ou Alex Turner (Arctic Monkeys). Ceci dit, on se réfèrera plutôt aux Smiths comme influence majeure, sans vraiment trop réécouter les albums, qui, comme évoqué plus haut, ont assez mal vieilli. The Queen is Dead reste cependant un archétype de grande valeur.
 
 
There Is A Light That Never Goes Out
 

10:00 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1986 |  Facebook |

29/04/2007

Bruce Springsteen - Nebraska (1982)

BruceSpringsteenNebraskaOn peut avoir différentes réactions en écoutant de la musique. Joie, bonheur, tristesse, émotion, voire gêne, quand on entend My Humps des Black Eyed Peas. Mais les sensations qu'on peut ressentir en écoutant Nebraska, si possible dans le calme, avec des écouteurs, sont absolument inouïes. On a peur de respirer, on éteint les lampes, et on espère que rien ni personne ne viendra troubler ce moment unique. Car Nebraska est définitivement un album unique.

Je ne suis pas un fan de Springsteen, pour différentes raisons, mais je respecte totalement son oeuvre. Nebraska, au contraire, est définitivement un album culte, tellement culte que j'ai presque peur de l'écouter. De loin un des albums les plus sombres jamais enregistrés, c'est la voix de ceux qui n'en ont pas, la voix des opprimés, des hors-la-lois, des désoeuvrés. Et c'est la voix rauque, pure, sans artifices de Bruce Springsteen, qui est, pour l'occasion, le Boss de rien du tout.

Nebraska, le sixième album de Springsteen, devait comprendre une instrumentation complète du E Street Band, mais, contre toute attente et malgré un probable (et effectif) échec commercial, la version finale de l'album fut en fait composée des démos solos, qu'il a enregistré seul, sur un quatre-pistes, dans sa chambre de Colts Neck, New Jersey. En résulta un album à la faible qualité sonore, et à l'extraordinaire pureté d'intention, surtout à une époque où le produit fini passe par énormément de traitements techniques, qui laissent tous leur trace.

Le morceau-titre donne le ton, racontant l'histoire d'un serial killer américain de son point de vue. Comme évoqué plus tôt, Springsteen prête sa voix à ceux qui n'en ont plus, comme Johnny Cash l'a fait avant lui. L'émotion contenue dans ce morceau durera pendant quarante minutes, durée d'un album dense et triste, puissant et mélancolique. Durant Mansion On The Hill, la vie s'arrête, il est impossible d'entendre ce morceau et de prétendre de faire autre chose. Les histoires vraies cèdent la place aux narrations fictionelles de Springsteen, mais toujours sur le même thème, avec une véracité et un souci du détail très cinématographiques.

Alors, évidemment, Nebraska n'est pas varié. C'est juste un type, une guitare, et un harmonica, qui chante la même chose pendant quarante minutes. Mais mes mots n'ont aucune importance, face aux siens. Peut-être que Nebraska vous ennuiera profondément. Peut-être que vous n'avez pas d'âme, y avez-vous déjà pensé?
 
 
Nebraska
  

00:55 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1982 |  Facebook |

15/04/2007

Pixies - Surfer Rosa (1988)

SurferRosa

La vie est étrange, parfois. Pendant leur carrière, les Pixies étaient reconnus, mais n'avaient somme toute qu'un public relativement limité. Après l'explosion grunge, énormément inspirée de la dynamique quiet/loud du groupe, ils furent considérés comme des poètes maudits, et ce n'est qu'à partir de 2004 qu'ils ont enfin connu le succès de masse. Sans sortir le moindre disque.

En effet, pour des raisons majoritairement financières, Pixies s'est reformé, et est en tournée depuis maintenant trois ans, quasiment sans discontinuer. Alors que des rumeurs parlent d'un possible nouvel album cette année, arrêtons-nous, le temps d'un article, sur leur premier album complet, Surfer Rosa.

La carrière discographique de Pixies débuta en 1987, avec un - excellent - EP, Come On Pilgrim. L'année suivante, un certain Steve Albini enregistra leur premier album, qui restera leur plus brut. Peu de monde parlera de Surfer Rosa comme le meilleur Pixies, préférant le plus homogène et mémorable Doolittle, voire le plus expérimental Bossanova, et ceci à cause d'une face B moins percutante que la première. Ceci dit, les meilleurs morceaux ici voient le groupe en plein étalage de leurs talents, et la production lo-fi d'Albini apporte un caractère assez incroyable de véracité à l'album.

D'entrée de jeu, Bone Machine introduit le monde au son Pixies. Alternance de passages calmes et énervés (ce qui paraît banal maintenant, mais que Pixies a, si pas créé, au moins cristallisé), guitare principale dissonante, basse puissante, batterie rèche (encore une touche Albini) et la voix de Black Francis, tour à tour rassurante et carrément maniaque. La bizarrerie surréaliste de ses paroles (inceste, voyeurisme, allusions bibliques, mutilations) augmente encore la caractère très particulier de la musique du quatuor.

Pixies a toujours versé dans la musique pop, dans le sens où leurs morceaux ont une structure simple, et généralement mémorable. Comme exemple, on peut citer ici le très catchy Gigantic, où l'évident Where Is My Mind. Ce qui n'empêche l'excellence de ces morceaux. Comme les Ramones l'ont prouvé par le passé, pop n'est pas un mot sale. Maintenant, l'extrêmement trafiqué Something Against You ou le dérangeant Broken Face (ces paroles, encore...) ne sont pas spécialement du matériel Billboard, mais le but du groupe est de créer des chansons, et les enrubanner de trouvailles sonores extraordinaires, et pas le contraire.

La première moitié de l'album est totalement imparable, et représente une des suites de morceaux les plus puissantes jamais enregistrées, et qui, vingt ans après, continuent à influencer des générations de rockeurs. La seconde moitié ne tient peut-être pas la route (sauf le réenregistrement de Vamos, montrant l'étrange conception du solo de guitare, par Joey Santiago), mais ce n'est pas bien grave.

Doolittle sera l'album de la (relative) consécration, même si la production (de Gil Norton) sera moins extrême. Ensuite, le groupe connaîtra des gros problèmes de communication, Francis endossant un rôle d'effrayant dictateur, poussant le groupe, deux albums plus tard, à se séparer. Black Francis, qui se rebaptisera Frank Black, connaîtra une carrière solo inégale, tandis que Kim Deal continuera son second groupe, The Breeders, avec sa soeur Kelley. Douze ans après la fin de Pixies, le groupe se reformera avec le succès que l'on connaît : il faut dire qu'ils n'ont clairement rien perdu de leur talent sur scène. Alors, un nouvel album? Peut-être, mais s'il n'est pas à la hauteur (et pour l'être, il devra être sérieusement bon), il tacherait leur discographie immaculée. Immaculée de sang et de douleur, mais immaculée quand même.



Bone Machine

10:00 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1988 |  Facebook |

15/03/2007

Iron Maiden - The Number Of The Beast (1982)

Iron_Maiden_-_The_Number_Of_The_Beast

Quand il faut discuter du plus grand groupe metal, la réponse générale semble évidente. Metallica est connu de tous, au moins de nom, et sans doute grâce à un des deux lents boulets du Black Album. Mais quand il faut parler du plus grand, du plus fort, du meilleur groupe du putain de heavy metal du monde, deux mots résonnent, avec autant de force que l'instrument de torture qui a leur donné un nom, et avec aussi peu de pitié que l'ex-Première ministre anglaise qui l'a également porté. IRON fucking MAIDEN.

Iron Maiden c'est d'abord Bruce Dickinson, phénoménal chanteur, frontman charismatique, homme charitable (en tant que pilote d'avion de ligne, il participe assez souvent à des missions humanitaires) et ennemi de Sharon Osbourne. Et quiconque est ennemi de Sharon Osbourne mérite qu'on lui paie un verre, ou du moins qu'on écoute un de ses albums.

Et cet album, c'est son premier avec le groupe, premier d'une longue série, et classique intemporel du heavy metal. Iron Maiden a débuté quelques années plus tôt, avec deux albums, chantés par Paul Di'Anno, aux accents plus punk (fin des 70s oblige), mais c'est avec The Number of The Beast que leur empreinte allait marquer l'histoire. Il est tellement influencé la suite du genre, qu'il est difficile de vraiment en parler, disons donc simplement que pas de NotB = pas de metal en 2007.

De plus, il est important de dire que tout au long de leur carrière (qui approche les trente ans), Maiden a beaucoup évolué, parfois dans des terrains marécageux et pas toujours très recommendables. Les synthés, les morceaux épiques de 15 minutes, et - pire - la période période Blaze Bayley gagneraient à être oubliés. Même si The Number of The Beast est loin d'être leur seul bon album, et que leurs dernière sorties sont toujours recommedables, il faut avouer qu'il s'agit de leur sommet de pur heavy metal.

Il suffit, pour en être convaincu, de plonger au beau milieu du disque, avec le doublé The Number of The Beast / Run To The Hills, deux des morceaux metal les plus impressionnants, deux classiques parfaits du genre. Un sommet de guitare rythmique, de riffage insensé et de batterie heavy, et surtout une prestation magistrale de Dickinson, le meilleur vocaliste metal de l'histoire. De plus, les autres morceaux restent d'un très bon niveau, si l'on exclut les paroles parfois assez cliché (mais c'est une des caractéristiques du groupe, à prendre ou à laisser). Hallowed Be Thy Name clôture, avec des parties de synthés jouées par des vraies guitares, ce qui ne restera hélas pas le cas longtemps.

Á classer parmi les classiques du genre, et à faire écouter à tout le monde qui pourrait avoir un intérêt mineur pour le metal : cet album a crée des dizaines de groupes, a changé la vie de milliers de personnes, et continuera à le faire.

00:52 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1982 |  Facebook |

30/01/2007

Minor Threat - Complete Discography (1981-1983)

minor

On dit souvent qu'un tel album est "essentiel", "doit figurer dans tout collection", etc etc. C'est parfois vrai, parfois beaucoup moins. Dans ce cas, c'est complètement et totalement indéniable. Sur un album se trouve la totalité des enregistrements sortis officiellement par Minor Threat, alias le groupe qui inventa le hardcore.

47 minutes, 26 morceaux, et l'idée de jouer le plus violemment, le plus rapidement et le plus intelligemment possible. Minor Threat, emmené par le légendaire Ian MacKaye, faisait de la musique pour le peuple, pour l'underground. Il a permis le lancement du mouvement "straight edge", d'après le morceau du même nom : une éthique de vie qui refuse toute intervention extérieure sur le corps et la personnalité, pas d'alcool, de drogue, de nourriture animale et d'origine douteuse, voire dans certains cas extrêmes, pas de tatouages.

Tout musicien faisait de la musique dite dure doit écouter Minor Threat, et l'a sans doute déjà fait : dans son album de reprises, Slayer a repris quatre morceaux de Minor Threat (en réinterprétant Guilty of Being White dans leur classique ton raciste, soit). Thrice, ou encore Rage Against The Machine (welcome back!) ont aussi repris du Minor Threat.

En écoutant la compilation, qui couvre donc les trois petites années d'existence du groupe (1981-83), on remarque que le groupe a pris de temps d'évoluer, les derniers morceaux étant plus construits, moins directement in your face. Ceci dit, il est évident que la formule était extrêmement limitée, et ne pouvait pas durer. MacKaye saborda donc le groupe, pour former le non moins légendaire Fugazi quelques temps après.

Un petit mot sur Dischord Records, le label crée par MacKaye : depuis le début, il met un point d'honneur à vendre sans intermédiaire leurs artistes, au prix invariable de 10 dollars par album. Et il existe toujours, so fuck the majors (and fuck iTunes).

MacKaye, et Minor Threat ont été d'une importance capitale dans le développement de la musique indépendante telle qu'on la connaît maintenant, autant du côté artiste que du côté business. Leur influence ne doit jamais être oubliée.

14:18 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 1983 |  Facebook |

09/11/2006

Metallica - Master of Puppets (1986)

metallica

En trois ans de rédaction pour Music Box (entre autres), j'ai remarqué que si je venais à dire du mal de Metallica, je me prends à chaque fois plein dans la gueule dans les commentaires. Ce qui malheureusement confirme un cliché, mais je tenais à affirer ici que je ne déteste pas Metallica, au contraire. Ce n'est pas parce les membres du groupe sont des abrutis de première (Some Kind of Monster, le film et l'affaire Napster suffisent), qu'ils ont sorti trois (voire quatre, mais là je m'expose à l'anthrax dans ma boîte aux lettres) albums très pénibles et que les deux nouvelles chansons jouées en 2006 sont ridicules que le groupe n'a jamis rien valu, bien au contraire.

Master of Puppets, qui fête ses 20 ans cette année (c'est le premier album que je chronique dont je n'ai pas vécu la sortie - j'avais 6 ans) est le meilleur album du groupe, il est difficile de le nier (même pas la peine de mettre les mots "black" et "album" dans un commentaire). Le groupe lui a d'ailleurs rendu hommage lors de leur petite tournée 2006, en le jouant dans son intégralité.

L'album commence par la fameuse intro flamenco de Battery, qui est tellement connue aujourd'hui que son effet de surprise est passé, mais reste que le morceau qui le suit - Battery - est un archétype d'offensive trash metal, emmené par ce qui est sans doute le principal point fort de Metallica, la guitare rythmique extraordinaire du chasseur d'ours blanc James Hetfield. Le tout aussi classique morceau titre le confirme, avec son intro légendaire qui ne permet heureusement pas encore de montrer les lacunes du batteur Lars Ulrich. On peut dire, sans doute à raison, que ce genre musical est aujourd'hui suranné, et les morceaux de 8 minutes sans trop de variation seraient maintenant risibles, mais il reste que la puissance de ces morceaux est indéniable.

Un peu plus loin, Welcome Home (Sanitarium) suit la formule de Fade To Black (sur Ride The Lightning, personnellement mon préféré), à savoir une intro mid-tempo suivi d'une suite plus dynamique. Quelques années plus tard, Metallica sortira un album entier sur ce principe, même si le tempo lent sera prévalent. Disposable Heroes accèlere les choses, et reste, avec le dernier morceau ici, Damage Inc., un de leurs morceaux les plus rapides. On doit aussi retenir le splendide instrumental Orion, dominé par la basse du très regretté Cliff Burton.

Master of Puppets ne possède plus la même puissance aujourd'hui (même si une bonne remasteristation arrangerait les choses), mais il reste un album majeur pour la carrière de Metallica et pour le metal en général, vu que tout ce qui va suivre sera lourdement influencé par cet album. Un classique, par définition.

00:27 Écrit par Denis dans 1980s | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1986 |  Facebook |